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Vous pouvez être à la fois séropositive, enceinte et en bonne santé

couple with baby

Vous êtes séropositive et enceinte? Vous avez le VIH et souhaitez avoir un bébé? Vous n’êtes pas la seule. Vivre avec le VIH ne vous prive pas nécessairement de votre désir ou de votre capacité d’avoir des enfants. Les progrès réalisés dans le traitement du VIH ont permis à beaucoup de femmes séropositives de vivre des grossesses normales et d’avoir des bébés en pleine santé.

Vous pouvez avoir un bébé séronégatif

À l’époque qui a précédé l’arrivée des médicaments efficaces contre le VIH, environ une femme séropositive enceinte sur quatre accouchait d’un bébé séropositif. De nos jours, le risque pour une femme enceinte séropositive de transmettre le VIH à son enfant est tombé à moins de 2 pour cent, en suivant les traitements appropriés.

Les bonnes pratiques afin de lutter contre la transmission mère enfant :

  • Suivre un traitement régulier pendant sa grossesse
  • Privilégier un accouchement par césarienne
  • Donner au nouveau né un traitement anti-VIH pendant une courte période
  • Ne pas allaiter son enfant : le lait maternel contient le VIH

Le suivi médical :

Il est important de se faire suivre par des professionnels de santé tout au long de votre grossesse. Malheureusement, de nombreux médecins connaissent mal ou bien ne veulent pas prendre en charge une femme enceinte séropositive. Nous vous conseillons donc d´appeler Sida Info Maurice au 800 5001 ou bien de vous rendre chez PILS afin de vous faire diriger vers des spécialistes qui sauront vous accompagner tout au long de votre grossesse.

La conception (tomber enceinte)

Le suivi médical est très important afin de réduire au maximum le risque de transmission avec son partenaire. Un suivi de la charge virale est effectué afin de limiter les risques de contamination durant la conception. Ainsi, si la personne séropositive suit correctement son traitement et que son taux de virus dans le sang est très bas, le risque de contamination avec son partenaire sera très faible.

Pendant votre grossesse

Pour réduire le risque de transmission mère enfant pendant votre grossesse, la meilleure stratégie consiste à suivre un traitement anti-VIH afin de réduire le plus possible la quantité de VIH dans votre sang (votre charge virale). Votre médecin vous parlera des médicaments à votre disposition. Ces médicaments anti-VIH, qui s’appellent des antirétroviraux, se prennent en combinaison. Il sera important de trouver une combinaison qui répondra à vos propres besoins tout en réduisant le risque de transmission à votre enfant.

  • En plus de prendre des médicaments anti-VIH, vous pouvez faire un tas de choses pour augmenter vos chances de vivre une grossesse saine :
  • Faites-vous tester pour les infections transmissibles sexuellement et faites-vous traiter si c’est nécessaire.
  • Faites-vous tester pour l’hépatite B, la syphilis, le streptocoque du groupe B ainsi que pour votre immunité à l’égard de la rubéole.
  • Mangez sainement. Le corps d’une femme enceinte a des besoins nutritionnels spéciaux - besoins en vitamines, calcium (lait, fromage…) – et doit préserver au maximum sa santé (Arrêtez de fumer, de boire de l’alcool et de prendre de la drogue, ou réduisez le plus possible votre consommation).
  • Gérez votre stress de manière saine : Faites des exercices de relaxation, du sport, etc…
  • Établissez un réseau de soutien. Faites vous soutenir par vos proches, et n´hésitez pas à contacter PILS qui est là pour vous soutenir au travers d´un soutien psychologique et de groupes de paroles.

Quand devriez-vous commencer à prendre des médicaments anti-VIH?

Si vous ne prenez pas déjà de médicaments anti-VIH, il est généralement recommandé d’attendre vers la 12e ou la 14e semaine de grossesse avant d’amorcer le traitement, à moins qu’il n’y ait une raison médicale pour le faire plus tôt, telle une charge virale élevée. Cette attente est destinée à prévenir tout effet nuisible sur le foetus durant les premières semaines de son développement. Elle permet aussi de limiter le nombre de pilules que les femmes doivent prendre pendant leur premier trimestre, période où le risque de nausées matinales est élevé.

Que faire si vous prenez déjà des médicaments anti-VIH?

Si vous tombez enceinte pendant que vous suivez un traitement contre le VIH, votre médecin vous recommandera peut-être de changer de médicaments. Certains médicaments sont à éviter durant la grossesse. Discutez de vos meilleures options avec votre médecin dès que possible après avoir appris que vous êtes enceinte.

Que faire si vous n’avez pas pris de médicaments anti-VIH durant votre grossesse ?

Si vous ne prenez pas de médicaments, le risque que votre bébé naisse séropositif s’élève à 25%. Même si votre diagnostic est posé à un stade avancé de la grossesse, voire pendant le travail ou l’accouchement, vous aurez la possibilité de prendre des médicaments pour réduire le risque de transmission mère enfant. Votre bébé devra aussi prendre des médicaments après sa naissance.

Les autres traitements durant la grossesse

Certains des médicaments et vaccins que l’on donne aux femmes séropositives pour prévenir et traiter des maladies courantes peuvent être utilisés sans danger durant la grossesse. Plusieurs autres ne sont pas inoffensifs. Discutez avec votre médecin et votre équipe de soins des risques et des bienfaits éventuels de vos traitements, tant pour vous que pour votre fœtus.

La méthadone est sans danger durant la grossesse, mais elle risque de créer une dépendance chez votre bébé. Si cela se produit, un sevrage graduel sera nécessaire. Si vous tombez enceinte pendant que vous suivez un traitement à la méthadone, il ne faut pas que vous cessiez de prendre cette dernière sans avoir consulté votre médecin.

Vous aurez peut-être besoin de vous faire vacciner contre certaines maladies. Si vous ne les avez pas déjà reçus, les vaccins contre le pneumocoque, le tétanos et la diphtérie, l’hépatite A, l’hépatite B et la grippe peuvent être administrés sans risques à partir du troisième mois de votre grossesse. Il faut toutefois éviter les vaccins à virus vivant. Cette catégorie comprend les vaccins administrés en prévention de la rougeole, des oreillons, de la rubéole, de la varicelle et du zona ainsi que de la fièvre jaune.

Il est important de savoir que certains des médicaments couramment utilisés pour le traitement des hépatites B et C peuvent causer de graves anomalies congénitales et sont donc à éviter durant la grossesse. Les femmes qui prennent ces médicaments devraient en interrompre l’usage au moins six mois avant de tomber enceintes et s’abstenir de recommencer leur traitement jusqu’à la fin de leur grossesse. Le partenaire de la femme qui souhaite tomber enceinte devrait lui aussi cesser de prendre ces médicaments au moins six mois avant que la conception n’ait lieu. Parlez à votre médecin et votre équipe de soins pour savoir quels médicaments sont inoffensifs et lesquels sont dangereux.

Transmission de l´hépatite C

Les femmes qui sont porteuses du virus de l’hépatite C (VHC) mais non du VIH courent un faible risque de transmettre le VHC à leur bébé. Le risque de transmission mère enfant augmente lorsque le VIH et le VHC sont présents en même temps chez la mère (on parle alors d’une co-infection). Il n’existe à l’heure actuelle aucun traitement pour prévenir la transmission verticale du VHC. Cependant, certaines études laissent croire que le risque de transmission du VHC diminue lorsqu’une femme co-infectée suit un traitement anti-VIH durant sa grossesse. Pourquoi? Une charge virale élevée en VIH stimule le VHC, de sorte qu’il se met à produire davantage de copies de lui-même. Lorsque la charge virale en VHC commence à grimper, le risque de transmission verticale augmente aussi.

L’accouchement

Il y a des moyens de réduire le risque de transmission durant le travail et l’accouchement, comme la prise de médicaments anti-VIH et le choix de la méthode d’accouchement. Dans un grand nombre de cas, l’accouchement naturel, c’est-à-dire vaginal, est préférable.

La plupart des femmes séropositives accouchent dans un hôpital afin de pouvoir bénéficier de soins consciencieux.

Il est recommandé que l’AZT – un médicament anti-VIH également appelé zidovudine et Retrovir – soit administré aux femmes séropositives enceintes durant le travail et l’accouchement afin de réduire le risque de transmission verticale.

Les femmes enceintes ont deux options en matière d’accouchement :

  • l’accouchement vaginal. Ce type d´accouchement est généralement pratiqué lorsque votre charge virale est inférieure à 1000 copies.
  • l’accouchement par césarienne (opération qui consiste à extraire le bébé de l’utérus à travers une incision pratiquée dans l’abdomen). Ce type d´accouchement est recommandé lorsque votre charge virale est supérieure à 1000 copies ou si vous ne prenez pas de médicaments anti-VIH.

Attention ! Chez les femmes présentant des facteurs de risque particuliers, y compris une charge virale élevée au moment de l’accouchement ou une co-infection par le virus de l’hépatite C, certaines précautions supplémentaires doivent être prises. Parlez en à votre médecin.

La circoncision

Les femmes séropositives ayant subi une circoncision (ablation partielle ou entière du clitoris ainsi que des petites et grandes lèvres) courent un risque accru de transmettre le VIH à leur bébé lors d’un accouchement vaginal. La césarienne est la meilleure option dans ce cas, tant pour la mère que pour l’enfant.

La santé de votre bébé

Les bébés nés de mères séropositives font habituellement l’objet de soins spéciaux durant les premiers mois de leur vie. Pour réduire le risque de transmission, on donnera probablement des médicaments anti-VIH à votre nouveau-né. Votre médecin suivra aussi le statut sérologique (statut VIH) de votre bébé durant cette période.

Votre bébé devra-t-il suivre un traitement?

Vous pourrez réduire davantage le risque de contamination pour votre bébé en lui administrant des médicaments après sa naissance.

Si vous avez pris des médicaments anti-VIH durant votre grossesse, votre bébé recevra probablement de l’AZT dans les 6 à 12 heures suivant l’accouchement, et ce traitement se poursuivra pendant six semaines.

Si vous n’avez pas pris de médicaments anti-VIH durant votre grossesse, ou encore si votre charge virale était élevée lors de l’accouchement, votre médecin recommandera peut-être une trithérapie pour votre bébé.

Quels effets les médicaments auront-ils sur votre bébé?

De nombreuses femmes s’inquiètent des effets que les médicaments anti-VIH pourraient avoir sur le développement de leur enfant. Jusqu’à présent, les nombreuses études effectués sur le sujet n’ont relevé aucune preuve d’effets secondaires à long terme chez les enfants de femmes séropositives ayant suivi une thérapie antirétrovirale durant leur grossesse.

Comment saurez-vous si votre bébé est séropositif ou pas?

On effectue habituellement un test appelé test PCR à trois reprises : à la naissance, après un ou deux mois de vie, puis de nouveau lorsque le bébé est âgé de deux à quatre mois environ. Le test PCR permet de confirmer avec une certitude raisonnable que votre bébé est séropositif ou séronégatif dès l’âge de deux à quatre mois.

Que faire si votre bébé est séropositif?

À l’heure actuelle, très peu de femmes vivant avec le VIH donnent naissance à des bébés séropositifs, pourvu qu’elles prennent des médicaments antirétroviraux durant leur grossesse. Cependant, si votre bébé arrive au monde avec le VIH, il ne faut pas que vous paniquiez. La majorité des enfants séropositifs jouissent d’une bonne santé et mènent une vie active. Les soins dont ils ont besoin ne sont pas très différents de ceux que réclament les autres enfants.

L’allaitement

Il est vivement déconseillé aux mères séropositives d’allaiter. Le risque de transmettre le VIH par le lait maternel est de 25 à 50 pour cent. Les experts médicaux encouragent donc vivement les mères séropositives à utiliser une préparation pour nourrissons.

Comment établir un réseau de soutien

De nombreuses femmes séropositives comptent sur le soutien de leurs proches. Certaines d’entre elles se tournent vers d’autres femmes séropositives, des intervenants communautaires ou des professionnels de la santé pour obtenir de l’information et de l’aide pratique. Nous vous encourageons à vous tourner vers PILS afin de bénéficier d´un soutien morale et psychologique.