logo sida infolowres
Home Sexualité Je suis homosexuel(le)
Je suis homosexuel(le) PDF Imprimer Envoyer


Tu es un garçon et tu ressens de l’attirance pour d’autres garçons ? Tu es une fille et tu ressens de l’attirance pour d’autres filles ? Pour les garçons et pour les filles ? Tu te demandes comment vivre ta vie amoureuse, comment rencontrer un garçon / une fille et comment gérer une histoire d’amour vis-à-vis des autres ?

L’orientation sexuelle, c’est quoi ?

On ne choisit pas son orientation sexuelle, mais on peut choisir différentes façons de la vivre. Il y a autant de façons de vivre son orientation sexuelle qu’il y a de personnes différentes sur terre !

L’orientation sexuelle, c’est : l’attirance sexuelle et/ou amoureuse dirigée soit vers :

  • Des personnes du sexe opposé
  • Des personnes du même sexe
  • Des personnes des 2 sexes


Aucune orientation sexuelle n’est mieux ou moins bien qu’une autre ! Ce sont des variations autour du thème de l’amour et du désir entre les êtres humains, hommes ou femmes.

Il n’y a pas d’âge pour découvrir son orientation sexuelle, chaque personne évolue à son rythme. Certains se souviennent d’une attirance pour quelqu’un du même sexe dès le plus jeune âge. D’autres s’aperçoivent de leur attirance vers 30 ans ou plus.

Avoir eu des attirances ou des relations homosexuelles à l’adolescence n’a pas nécessairement de lien avec l’orientation sexuelle à l’âge adulte. Une personne qui se définit comme homosexuel peut très bien avoir eu des relations amoureuses avec quelqu’un du sexe opposé. À l’inverse, on peut avoir eu des relations homosexuelles et se considérer hétéro par la suite.

La bisexualité, c’est être attiré par les filles et les garçons soit successivement en fonction des périodes de la vie, soit simultanément. On peut aussi être dans une période de doute avec un désir qui oscille entre filles et garçons, sans pour autant se considérer bisexuel. De plus, l’orientation sexuelle peut changer au cours de la vie. Beaucoup pensent que la bisexualité renvoie aux personnes qui ne « s’assument pas ». La bisexualité semble être mal comprise tant par les hétéros que par les homos.

L’homosexualité ou la bisexualité ne sont pas des maladies ou des troubles psychologiques, Il n’est donc pas question de « se soigner » ou de « guérir », que ce soit avec des médicaments ou avec une psychothérapie. Par contre, à certains moments, un soutien peut être bénéfique pour être plus en paix avec ses sentiments ou ses craintes.

Naître ou devenir homo ? Naître ou devenir hétéro ? L’orientation sexuelle est-elle inscrite dans les gènes ou se développe-t-elle en fonction de notre éducation ? C’est l’éternelle question. Chacun peut se forger sa propre réponse. Aucun consensus n’existe parmi les scientifiques pour dire avec certitude pourquoi des hommes et des femmes sont attirés par une personne du même sexe ou du sexe opposé.

Les homos ne sont pas transsexuels, même si certains « trans » peuvent être homos. La transsexualité n’est pas une orientation sexuelle, c’est la question de l’identité de genre et d’un décalage entre le « sexe biologique » (les organes génitaux masculins ou féminins) et le « sexe psychologique », c’est-à-dire le sentiment intime d’être un homme ou une femme.

Les homos ne sont pas nécessairement des travestis, même si certains homos aiment se travestir. Certains garçons homos ou hétéros s’habillent en femme sans pour autant vouloir devenir une femme. Certains le font pour s’amuser, d’autres pour choquer, pour plaire ou pour se moquer des modèles masculins et féminins. De la même manière, les filles peuvent aussi s’habiller en homme. Les personnes hétérosexuelles peuvent également aimer se travestir !

Être homosexuel n’empêche pas de vivre en couple et d’élever un enfant. L’orientation sexuelle n’a rien à voir avec la capacité d’élever un enfant.


le Coming Out ou sortir du placard

On n’est pas tenu de tout dire, on n’est pas obligé de tout faire.

Certains d’entre vous ont peut-être déjà fait leur coming out, et ont parlé de leur orientation sexuelle à leur entourage familial, amical ou professionnel. D’autres sont peut-être dans le questionnement (« le dire ou pas ? ») ; d’autres encore, ne ressentent peut-être pas le besoin de le dire…


Quel que soit ton âge et/ou ton parcours, à partir du moment où se pose la question de dévoiler ou non ton orientation sexuelle, il est important de garder ceci en tête :

  • Est-ce ton désir profond ou te sens-tu obligé de le faire ? Pourquoi veux-tu faire ou ne pas faire ton coming out ? Quelles conséquences positives ou négatives imagines-tu ?
  • C’est toi seul qui décides et choisis le moment. Personne ne peut te pousser à faire ton coming out. Si tu ne te sens pas encore prêt, n’hésite pas à en parler avec d’autres (forum sur le Net, associations), tout en gardant en tête que ta situation est unique.
  • Choisis la personne à qui tu voudrais le dire en premier : un ami, un membre de la famille, un prof…, et choisis un moment où tu te sens bien pour en parler.
  • Si tu as mis du temps pour découvrir et accepter ton orientation sexuelle, ton entourage peut aussi avoir besoin de temps pour accepter la nouvelle. Pense aussi au fait que les personnes ne réagiront pas forcément comme tu l’imaginais.
  • Si les choses venaient à mal se passer, en famille par exemple, auras-tu des proches qui pourront te soutenir ? N’oublie pas que des associations gays et lesbiennes ou d’autres associations de jeunes sont là pour t’aider en cas de problèmes (? voir adresses utiles). Certains forums sur le Net peuvent aussi t’apporter un soutien.


Le coming out n’est pas toujours un drame familial !

C’est souvent à l’égard des parents qu’on craint le plus de faire son coming out. Il arrive parfois que les parents réagissent mal en apprenant que leur fils / fille est homo ou bisexuel. Pourtant, sans nier le fait que l’annonce à l’entourage n’a pas été facile, beaucoup de gays et de lesbiennes rapportent aussi que ce coming out a permis de renouer un dialogue avec leurs parents, leur famille et leurs amis et qu’ils ne regrettent pas d’avoir pu partager ce qu’ils gardaient secret depuis si longtemps.

Certains parents se demandent si c’est de leur faute, s’ils ont fait une erreur dans l’éducation de leur enfant. Certains se voient à jamais privés de la joie d’être grands-parents un jour. D’autres demandent à leur enfant de garder le secret pour préserver leur conjoint ou le reste de la famille. D’autres personnes rapportent des ruptures familiales très douloureuses.


Homophobie et préjugés en tous « genres »…

Il existe 36.000 sortes d’intolérances, de mépris ou de rejets à l’égard des personnes considérées comme différentes.

Ces intolérances peuvent se fonder sur le sexe masculin ou féminin d’une personne, c’est ce qu’on appelle le sexisme, celui-ci aboutit à la domination d’un sexe sur l’autre (de l’homme sur la femme par exemple) ; sur l’origine nationale, l’origine ethnique ou la couleur de peau, c’est le racisme , mais aussi sur l’orientation sexuelle, c’est l’homophobie. Dans tous les cas, exclusions, violences verbales et parfois violences physiques peuvent se manifester.


Je n’ai rien contre les homos, mais…

…ils sont contre-nature C’est quoi une sexualité naturelle ? C’est quoi la nature ? Considérer l’homosexualité comme « contre-nature », c’est réduire la sexualité humaine à la reproduction de l’espèce. Si on se dégage de ce principe réducteur, alors toute forme de sexualité entre deux êtres humains fait partie de la « nature humaine ». Pour certaines personnes, tomber amoureux, faire l’amour, se disputer, se réconcilier, sortir, se faire plaisir… avec quelqu’un du même sexe, leur est tout naturel.

…ce sont des obsédés sexuels Pas plus que les hétérosexuels, mais quand on parle des gens en fonction de leur orientation sexuelle, on met évidemment l’accent sur la sexualité et sur rien d’autre.

…ils ont tous le sida Le sida touche tout le monde, hommes, femmes, homos, hétéros. Toutefois, la population homosexuelle est très touchée, il ne faut donc surtout pas relâcher la vigilance.


Que faire si tu es victime d’actes homophobes ?

  • On t’a insulté? On t’a traité de « sale pédé », « sale gouine »?
  • Tu te sens rejeté par certaines personnes en raison de ton homosexualité? Tu ne te sens pas égal aux autres dans certaines situations parce que tu es homosexuel?
  • On t’a refusé un emploi ?
  • On t’a interdit d’entrer dans une discothèque avec ton / ta partenaire?
  • On t’a refusé la location d’un appartement ?
  • On t’a agressé physiquement sur base de ton homosexualité ? …


Les insultes, le rejet ou les blagues lesbophobes ou homophobes sont vécus différemment d’une personne à l’autre. Souvent, la jeune lesbienne ou le jeune gay les reçoit avec souffrance, qu’elle/il soit directement visé/e ou non. Dans tous les cas, ces comportements sont inacceptables. Les injures par exemple sont souvent difficiles à encaisser et s’engager dans une compétition d’insultes ne fonctionne pas, cela peut mener à l’escalade. On ne peut malheureusement rien faire contre la bêtise mais on peut développer des attitudes qui nous permettent de nous armer contre ces préjugés. Certaines opteront pour l’indifférence, la résistance ou bien la revendication… et ce, en fonction du contexte ou de la situation.