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Concert de musique classique pour PILS
Quoi de mieux que la musique pour fêter ses 15 ans ? Pour l’anniversaire de l’association PILS, qui lutte contre le SIDA à Maurice, les musiciens de renommée internationale Ayako Tanaka, Sylvie Gazeau, Alain Meunier et François Sauzeau se sont à nouveau donné rendez-vous pour la bonne cause. Lauréats de nombreux prix internationaux, faisant partie de grands orchestres français, ils viennent jouer bénévolement à Maurice. Chaque année, ils nous régalent de programmes de haut niveau concoctés pour le plus grand plaisir du public. Ce concert à l’Aventure du Sucre est une opération de levée de fonds destinée a renforcer les actions de PILS.
Le prix d’entrée de Rs 1 000 par personne comportera un punch de bienvenue et des assiettes au choix.
Venez vous délectez pour la bonne cause!
VIH sur le lieu de travail
Communiqué du 3 Mai 2011
PILS tient à rappeler que toute personne vivant avec le VIH n’est pas forcément un malade et que de ce fait si cette personne est bien suivie médicalement elle peut être, comme n’importe quel employé, totalement productive au sein de son entreprise.
En effet, l’amélioration des traitements augmente considérablement le nombre de personnes séropositives qui sont en bonne santé et qui poursuivent aujourd’hui une carrière.
Ainsi, il est possible qu’un(e) employé(e) vivant avec le VIH ne tombe jamais malade, en tout cas pas plus qu’un(e) autre.
Cependant, dans de nombreux cas, les personnes vivant avec des maladies chroniques telles que l’infection à VIH rencontrent des obstacles pour continuer à être au top de leur productivité (rendez-vous médicaux pendant les heures de travail, fatigue temporaire liés à la prise de nouveaux traitements, dépression…) et c'est aussi le rôle des entreprises de prévoir ces éventualités.
La meilleure façon de gérer le VIH sur le lieu de travail est d’adopter une politique claire à ce sujet afin d’apaiser les craintes et calmer les appréhensions des employés, de veiller à ce que tous les employés soient traités de façon équitable, humaine et non discriminatoire ; de soutenir et protéger les employés vivant avec le VIH au même titre que ceux atteints par toute autre maladie; d’assurer une productivité et une stabilité maximales de la main-d’œuvre ; de prévenir les poursuites judiciaires ; de rehausser l'image de l'entreprise comme organisation consciente de sa responsabilité sociale et de contribuer aux efforts internationaux de lutte contre la propagation du VIH.
Nous rappelons aussi que le terme « sidéen » est un terme historique à connotation négative et qui doit être évité autant que possible pour désigner les malades du sida (et encore plus les personnes qui vivent avec le VIH sans être malades du sida) qui ne le perçoivent généralement pas bien, car il les résume à cette seule caractéristique.
C’est le sida que nous devons combattre, pas les personnes qui vivent avec.
Journée Mondiale de la Lutte contre le Sida 2010
La journée mondiale de la lutte contre le sida est célébrée chaque année à travers le monde le 1er Décembre.
C’est un événement important car il permet de soutenir les personnes vivant avec le VIH, de faire le point sur la prise en charge médicale, sur l’évolution de la recherche, sur les plaidoyers pour la défense des droits humains des personnes vivant avec le VIH. C’est aussi et surtout l’occasion pour sensibiliser la population sur la réalité autour de cette pandémie qui continue à infecter 7500 personnes par jour et à en tuer 5 500 à travers le monde.
Pour rappel, combattre le VIH et le sida est un des 8 Objectifs du Millénaire pour le Développement - ONU.
Ainsi cette année, le Ministère de la Santé et de la Qualité de la Vie, PILS, Chrysalide, Rogers, AIRIS-COI, CUT, Idrice Goomany Center, Centre de Solidarité, MFPWA, NATRESA, National AIDS Secretariat, Lacaz A, Candle Light Memorial et d’autres organismes ont tenus à marquer, ensemble, la Journée mondiale de la lutte contre le sida.
Rendez-vous est donc donné du 1er au 4 décembre 2010 pour accentuer notre mobilisation et notre engagement contre le sida. Le thème cette année : Human Rights and Universal Access.
Cérémonie d’ouverture le 1er décembre à 16h, en la présence de l’Honorable Mme Maya Hanoomanjee, Ministre de la Santé et de la Qualité de la Vie.
Avec une moyenne de 50 nouveaux cas détectés par mois dont 75% d’usagers de drogue injectable, la situation mauricienne reste alarmante. L’Ile Maurice est le pays à plus forte prévalence de la zone Océan Indien.
Le Ministère de la Santé et de la Qualité de la Vie doit encore se moderniser et se professionnaliser pour mieux répondre à la situation actuelle des patients séropositifs. En effet, tous les patients nécessiteux ne suivent pas de traitement où ont des difficultés à être bien observant. Il faut aussi banaliser le dépistage et améliorer l’offre de dépistage à travers le pays.
Les grands enjeux de la lutte contre le sida dans les prochaines années sont de dépister, traiter et accompagner les personnes infectées et affectés pour améliorer leur vie et réduire la transmission du virus.
Il faut aussi renforcer la prévention notamment auprès des jeunes avec l’introduction de l’éducation sexuelle dans les écoles en partenariat avec les acteurs locaux de la société civile.C’est cet élan que nous voulons insuffler aux décideurs politiques et à la population pour que nous mettions fin ensemble à la propagation du sida dans le pays.
PILS est une ONG de lutte contre le Sida fondée en 1996. PILS met en œuvre des programmes de prévention pour la sous-région Océan Indien et assure le soutien psychosocial de ses bénéficiaires à l'Ile Maurice.
LA QUETE ANNUELLE
Pourquoi faire la quête alors que PILS est soutenue par plusieurs bailleurs ?
Il suffit de comprendre le fonctionnement de l’association. En effet les bailleurs financent uniquement les projets (prévention, soutien aux personnes vivant avec le VIH, campagnes de sensibilisation etc.).
Toutefois une ONG a besoin de fond propre pour fonctionner. Ce fond propre, qui provient principalement de la quête annuelle, sert à l’aide d’urgence à des personnes séropositives, pour la réparation du matériel ou encore pour de l’achat des équipements.
Soutenir une cause, c’est être volontaire et solidaire. Ainsi nous comptons sur votre générosité du 1er au 4 décembre.
LOVE IN THE CITY, l’événement qui n’a pas froid aux yeux.
C’est l’événement incontournable de l’année !
Comment définir Love in the City ?
Le sexe sans tabou, la sensualité sans détour et le plaisir sans peur.Avec Love in the City, l’association PILS crée pour les jeunes un environnement où chacun peut parler de sexualité franchement et sans détour. Il ne s’agit pas de dire ce qu’il faut ou ne pas faire, mais plutôt d’inciter les jeunes à découvrir la sexualité dans ses moindres recoins tout en montrant que se protéger peut aussi rimer avec plaisir.
Avez-vous déjà utilisé ces fameux préservatifs aromatisés ou les gels lubrifiants ? Le cunnilingus est-il sans risque ? Ma capote s’est déchirée, que dois-je faire ?
Autant de questions, qui trouveront des réponses auprès des volontaires et du staff de PILS … nous répondrons à toutes les questions.
Parallèlement les visiteurs pourront bénéficier de divers services de santé ; initiation au premier secours, dépistage du VIH, counselling, mise à disposition de préservatifs gratuits, exposition sur le corps masculin et féminin etc.
L’expo Guide du corps masculin et féminin : PILS réserve à ses visiteurs un espace d’expo sur la connaissance du corps humain, l’amour et la sexualité. Ce parcours, se présente sous la forme d’une exposition interactive où chaque participant pourra s’informer et se former à la pratique du « safe sex ». L’événement verra aussi la participation des artistes locaux engagés.
Love in the City, c’est du 1er au 4 décembre à partir de 10h. Cet évènement se déroulera au Port Louis Waterfront (esplanade du front de mer).
LE PLAIDOYER de 2010
Lutter contre les discriminations a toujours été une mission des acteurs de la lutte contre le sida.Aujourd’hui les traitements permettent de vivre longtemps et diminuent les charges virales en rendant les personnes séropositives très peu contaminantes. La science a évolué mais l’Homme ne s’est pas adapté aussi vite. Il continue à véhiculer des peurs, à rejeter celui qui n’est pas comme lui et à préférer le déni.
A partir de la discrimination dont sont victimes les personnes de nationalité étrangère vivant avec le VIH, cette année PILS a intensifié son plaidoyer auprès des décideurs pour la révision de la loi d’immigration. En effet cette loi n’autorise pas les étrangers séropositifs à travailler ou résider sur le territoire mauricien. Après une série de réunions de travail avec le Ministre du travail et l’Attorney General, PILS a présenté un document faisant une analyse des lois mauriciennes qui discriminent les personnes séropositives.
Nous attendons que le gouvernement de l’Ile Maurice respecte son engagement pour la défense des droits humains.
FORUMS/DEBATS
Le sida est un enjeu complexe qui appelle à la participation pleine et active de tous les mauriciens : les dirigeants, les autorités publiques et la société civile en général. En tant que dirigeants, maires, conseillers, ministres, vous avez un rôle primordial à jouer. La population compte sur votre leadership. Vous devez savoir écouter, comprendre et être suffisamment courageux pour guider, diriger et prendre les bonnes décisions. Vous avez le pouvoir de faire avancer les choses.
Cette journée mondiale de la lutte contre le sida sera l’occasion idéale pour mettre en avant les problématiques et les enjeux majeurs concernant la lutte contre le sida et les droits humains des populations vulnérables.
Ainsi PILS organisera des forums/débats du 1er au 4 décembre.
Calendrier et thèmes :
Jeudi 11h30 à 13h00 Éducation sexuelle dans les écoles en 2011 ?
Vendredi 11h30 à 13h00 Les personnes travaillant dans le commerce du sexe ont-elles des droits ?
Samedi 13h00 à 14h00 Réhabilitation des ex-détenus et certificat de moralité
CALENDRIER GENERAL
Mercredi à Vendredi : 10h00 à 17h00
Samedi : 10h00 à 17h30
COLLOQUE VIH & SIDA AUX SEYCHELLES 2010, source week end scope du 17 novembre 2010
Coup de gueule pour l'espoir
Le dernier Colloque VIH OI tenu du 8 au 10 novembre aux Seychelles a été fructueux en échanges et reste porteur de beaucoup d'espoirs. Mais pour avancer, il était aussi nécessaire que les pendules soient remises à l'heure.
La voix de Ravanne + a résonné dans le Centre de Conférences de Mahé comme un rappel à l'ordre. Non, les personnes vivant avec le VIH (pvvih) de la région ne sont pas dupes face aux promesses. Et leurs représentants sont montés sur scène pour le faire comprendre. Les colloques et les engagements se succèdent. Au final : "Aucune avancée et toujours les mêmes dysfonctionnements." C'est sur ce constat que Nicolas Ritter et Dhiren Moher (Maurice), Jacques Rollin et Thierry Péron (Réunion), Réginald Hoareau (Seychelles) et Johnson (Madagascar) ont terminé leur déclaration commune face aux 300 délégués.
Zéros.
Ils dénoncent le non-respect du secret médical, la pression politique sur les délégués, l'opportunisme de certains dans la lutte, les dysfonctionnements dans la prise en charge des malades, un manque d'engagement de haut niveau, les lois discriminatoires envers les pvvih et sur l'orientation sexuelle, la criminalisation de l'usage de drogues, le non-respect des droits, etc. Face à cette situation, la vision déclarée de l'ONUSIDA pour : zéro nouvelle contamination, zéro discrimination, zéro mort, "est un vœu pieux, tout juste une déclaration d'intention bonne à jeter de la poudre aux yeux des citoyens de la zone pour soulager les consciences et tromper les acteurs".
Priorités.
Tenu du 8 au 10 novembre aux Seychelles, ce 9e Colloque de l'OI a rappelé ses priorités à une région qui est confrontée à une menace réelle. Après la "catastrophe" de Maurice, l'usage de drogues par voie intraveineuse expose aujourd'hui les Seychelles à une explosion dans l'épidémie du VIH. Madagascar et la Réunion sont aussi menacés.
Du côté des Seychelles, le message a été entendu. Membres du gouvernement, du clergé et de la société civile se disent en faveur d'une nouvelle approche. L'exemple mauricien pour la réduction des risques a souvent été cité comme solution. Qui doit être appliquée au plus tôt alors que Maurice "paie très cher" le fait d'avoir mis du temps à se décider.
Respect.
Le respect des droits des individus, qu'importent leur statut sérologique, leur orientation sexuelle, leur état de santé ou autre, reste aussi à consolider. C'est ce qu'ont rappelé les participants à différents niveaux. Car des violations continuent en société comme en milieu hospitalier.
L'OI aura une année de plus pour se prouver qu'elle peut aller au-delà des bonnes intentions. Pour consolider le travail régional, le projet AIRIS/COI sera prolongé pour une deuxième phase. Rendez-vous est déjà pris pour Tana, l'année prochaine.
Forum Régional : Jeunes, religieux et professionnels s'engagent
Une des grandes innovations de cette année demeure la tenue du Forum Régional des Jeunes, des Religieux et du VIH/sida en milieu du travail, qui a réuni les délégués aux Seychelles la semaine dernière. Des plates-formes longtemps espérées ont ainsi été offertes par le projet AIRIS/COI pour que la discussion soit entamée entre leaders religieux de différentes confessions des îles dans un cadre où se trouvaient aussi des jeunes, avec qui le dialogue a été ouvert. "Ce forum est l'occasion d'échanger et de trouver des liens dans l'intérêt de tous", a expliqué le Dr Ng Man Sun en ouverture.
Malgré les différences et les incompréhensions, leaders religieux et jeunes ont eu un moment d'échanges fructueux. Le VIH, la sexualité, l'éducation, la prévention, le rôle des parents, la spiritualité, ont été au centre des interventions. Maurice était représenté par Joëlle Rabot du groupe Espoir Revivre Barkly, et par Bashir Denmamode de la Keep it Safe Society. Le Conseil des Religions de Maurice avait délégué Homa Mungapen, le Pandit Ved Gopee et le Révérend Eddy Cheong See.
Dans les résolutions présentées, les religieux se sont engagés à former 50% d'entre eux sur la question du VIH d'ici le prochain colloque. Ils se sont aussi engagés à reprendre le dialogue avec les jeunes de leurs pays respectifs dès le 1er décembre. Le VIH sera l'un des éléments de la rencontre interreligieuse des pays de la région en janvier. Ils espèrent aussi contribuer à renforcer les valeurs au sein des familles et à être de vrais partenaires pour les personnes engagées dans la lutte contre le VIH et la toxicomanie.
Les jeunes ont formulé le vœu d'une éducation sexuelle mieux adaptée et réclamé que l'information leur parvienne à travers les écoles, centres et autres. Ils ont aussi demandé une formation sur les drogues et que la possibilité soit donnée aux plus jeunes de se faire dépister pour avoir accès au traitement.
Employeurs, employés et syndicalistes se sont aussi retrouvés à la table des discussions pour parler du VIH dans le monde du travail. Les représentants des comités tripartites des différentes îles ont présenté leurs résolutions visant le respect des droits des pvvih. C'est aussi dans le cadre de cet atelier qu'Audrey D'Hotman de Villiers a été invitée à présenter le programme initié par Rogers pour soutenir la lutte contre le VIH.
Dr Catherine Gaud : "Il ne faut pas baisser les bras"
Dans la lutte contre le VIH/sida, "il faut aussi lutter contre la toxicomanie et contre toutes les discriminations : celles envers les homosexuels, les prisonniers, les usagers de drogues, etc.", confie le Dr Gaud à Scope. Durant le colloque de cette année, elle a souvent axé ses interventions vers les usagers de drogues, précisant que ces derniers sont avant tout des malades. D'où les appels lancés pour la décriminalisation de l'usage de drogues alors que le trafic est appelé à être toujours considéré comme un acte criminel.
Fer de lance de la lutte dans la région, la présidente de RIVE salue les améliorations notées dans la zone océan Indien, tout en étant consciente des difficultés qui continuent. "Qu'importe les difficultés, il ne faut pas baisser les bras", affirme-t-elle. Soulignant la participation des professeurs à ce colloque, elle rappelle que "nous sommes bien encadrés", et demande que l'on prenne courage pour avancer, en citant ici l'exemple des pvvih (personnes vivant avec le VIH/sida).
Satisfaite du fait que le projet AIRIS/COI continue, le Dr Gaud précise que ce 9e colloque a été un autre moment fort de la coopération régionale.
Professeur Willy Rozenbaum : "On sait ce qu'il faut faire. Mais on ne le fait pas."
Si on connaît la réponse face au VIH/sida, des difficultés subsistent encore car "le regard porté sur cette maladie est encore trop exceptionnel. On s'attache trop aux préjugés plutôt qu'aux faits. Les préjugés l'emportent encore beaucoup et c'est très dommageable", constate le Pr Willy Rozenbaum. Pour le Président du Conseil National du SIDA de France, "aujourd'hui, on sait ce qu'il faut faire. Mais on ne le fait pas". Car "les idéologies l'emportent sur des faits scientifiques". Ce qui aurait dû être le contraire, affirme celui qui est l'un des co-découvreurs du VIH.
Pour la région, tout en soulignant les avancées, il formule le souhait que "l'engagement politique dans la lutte soit plus déterminée. C'est un élément fondamental. Il faut arriver à ce que les peuples acceptent que la santé soit un élément aussi important que l'économie, et les choses sont liées. S'il n'y a pas de santé dans un pays, l'économie ne va pas avancer".
Dans une déclaration à Scope, il précise que dans la région, "les choses avancent en terme technique. Mais ce qui n'avance pas assez vite, c'est la lutte contre la discrimination et la réponse sociale à l'épidémie. La réponse technique ne peut se concrétiser si la société n'apporte pas ses éléments et si les lois ne changent pas pour garantir les droits des personnes." Pour le Pr Rozenbaum, "il faut changer l'image de cette maladie et considérer qu'il n'y a pas de coupables, mais que des victimes".
Plaidant pour le respect des droits des individus, il ajoute : "Il est humain d'imaginer que si on ne respecte pas les droits des personnes qui sont malades, on ne peut leur demander de faire des efforts pour protéger la société. Et ça, c'est une conscience qui n'est pas encore bien identifiée. On ne prend pas ces choses suffisamment en considération."
Lors d'un exposé sur la situation dans les prisons et la prostitution, le Pr Rozenbaum a rappelé que "la loi prévoit que la privatisation de la liberté ne doit pas s'accompagner d'une limitation dans l'accès aux soins ou à la prévention. Une personne qui est emprisonnée a les mêmes droits que tout autre citoyen".
Ce 9e Colloque a aussi été une occasion pour le Pr Rozenbaum de continuer son plaidoyer pour la banalisation du dépistage afin que le traitement puisse commencer plus tôt chez les patients trouvés positifs. D'où le concept "Test & treat". Se basant sur des évidences scientifiques, il explique que le traitement précoce, en sus de maintenir la santé du patient, permet aussi de réduire les risques d'infection. "Le traitement est aujourd'hui un outil de prévention", affirme-t-il. D'autres évidences établies précisent que dans le long terme, cette approche requiert moins de dépenses financières.
COLLOQUE VIH & SIDA AUX SEYCHELLES 2010, source le mauricien du 10 novembre 2010
" Laisser la toxicomanie envahir Maurice équivaut au suicide économique et touristique ! "
" La prise de conscience des décideurs mauriciens dans la mise en œuvre des mesures de réductions de risques, comme le traitement à base de méthadone et le programme d'échanges de seringues, est venue d'un certain pragmatisme et du calcul de l'impact économique qu'il aurait fallu payer si rien n'avait été fait ! " C'est ce qu'a déclaré Nicolas Ritter, directeur de PILS (Prévention, Information et Lutte contre le Sida), premier Mauricien à avoir avoué sa séropositivité et président de Ravane +, unique réseau, à ce stade, de Personnes vivant avec le VIH (PVVIH). C'était dans le cadre d'une cérémonie de pré-ouverture du 9e Colloque océan Indien sur le VIH et Sida qui se tient actuellement aux Seychelles.
" L'île Maurice a toujours cruellement besoin de maintenir la qualité de sa destination touristique. Laisser la toxicomanie l'envahir équivaut à un suicide économique et touristique prévisible ! " a dit Nicolas Ritter. Et de poursuivre : " Je suis fier d'appartenir à une nation qui a été la première en Afrique à introduire le programme d'échanges de seringues pour les usagers de drogues. " Cependant, a-t-il avancé, " Maurice est aussi le premier pays d'Afrique en matière de consommation de drogues injectables par habitant. Il n'y a pas matière d'en être fier…mais plutôt d'en être terriblement inquiet ! "
Sur ce point, le directeur de PILS a souligné le fait que les Seychelles, qui abrite l'actuel colloque de la région, connaît aussi les mêmes problématiques que Maurice, notamment en matière de toxicomanie et d'épidémie de Sida concentré auprès des UDVI. Il a lancé un appel aux décideurs seychellois pour que ce pays " s'engage sur la voie de la réduction des risques pour les usagers de drogues et de la dépénalisation des rapports sexuels entre hommes et pour qu'il y ait un meilleur contrôle des épidémies au sein des prisons". Dans ce cas de figure, a ajouté M. Ritter, " les Seychelles auront sans aucun doute toute l'aide et le soutien nécessaire de la part des partenaires de la région pour mettre en place ces programmes ".
Dans son allocution, M. Ritter a aussi évoqué que " de 1996, quand les premières actions de coopération régionale en matière de sida se mettaient en place, à ce jour la réponse est mieux structurée, financée et soutenue techniquement. " Cependant, a-t-il dit, "l'épidémie a également connu une évolution importante, surtout à Maurice et aux Seychelles. Cela en grande partie liée au phénomène des drogues injectables". Une situation qui, a affirmé Nicolas Ritter, "mérite aujourd'hui, une attention particulière et des réponses spécifiques."
Le 9e colloque VIH & Sida océan Indien se termine aujourd'hui. Il a vu la participation de nombreux activistes des pays de la région et scientifiques tels que le professeur Willy Rozenbaum, codécouvreur du virus du sida. Le thème de cette année était " Où en sommes-nous ? Où allons-nous ? ". En ce sens Nicolas Ritter devait noter dans son discours d'ouverture, " Où en sommes-nous : à la croisée des chemins, au moment où il faut prendre des décisions. Où allons-nous : vers une réponse plus efficace, plus ciblée, plus forte du passé, améliorée de stratégies mêlant science médicale et sociale. Et surtout, enrichie d'expériences qui nous permettent de grandir ! "
Nicolas Ritter " Toujours aucun signe concret contre le trafic de drogue ! ", source le mauricien du samedi 16 octobre 2010
Nicolas Ritter, directeur de PILS, est connu pour ne pas avoir une langue fourchue. Certes, s'il exprime souvent ses coups de colère parce que les choses ne bougent pas assez vite, en revanche, il concède également quand " les choses avancent, et dans le bon sens ! " Toutefois, relève-t-il, " si en matière de sida, les choses ont évolué dans le bon sens, cette année par contre, là où le bât blesse toujours, c'est sur la question de la toxicomanie, et plus précisément le trafic de drogue, qui est l'origine de tout le problème, quand on sait que 75% des nouvelles contaminations au sida concernent les usagers de drogues par voie intraveineuse (UDVI). " Maurice ayant, pour rappel, une épidémie concentrée auprès des UDVI.
" L'un des gros challenges qui nous attend cette année, c'est le problème de la toxicomanie. " Nicolas Ritter entend bien préciser qu' " il y a définitivement des progrès qui ont été enregistrés en matière de prévention, de mesures de réduction de risques, comme le programme de la méthadone et celui de l'échange des seringues (NEP). Il y a eu du upscaling et d'autres mesures positives qui permettent à un plus grand nombre de bénéficiaires d'avoir accès à tout cela. "
Cependant, relève notre interlocuteur, " là où la menace grandit, c'est en ce qu'il s'agit de la toxicomanie. Et je vais être très direct, car cela ne relève pas uniquement d'un problème de santé publique. "
Le directeur de PILS souligne que " le problème de la toxicomanie, le nombre croissant de consommateurs, représente à long terme un problème d'ordre économique qui n'augure rien de bon pour la stabilité économique de notre pays. " Il explicite : " Il y a d'un côté, en effet, la communauté des toxicomanes et les problèmes liés au sida. Soit. " Mais, soutient-il, " là où les choses prennent une proportion sérieuse, c'est au niveau de la hausse de la criminalité et de violences dans notre pays. Quand on voit, en Une des journaux, combien de touristes se font agresser et combien de cas d'agressions avec violences sont enregistrés, c'est très mauvais signe pour l'image de notre pays à l'étranger. Et c'est cela qui va être déterminant pour l'avenir. "
Dans le même souffle, il relève, que " arrêter des passeurs et des mules avec des boulettes et des cargaisons, c'est bien. Mais, en amont, qu'est-ce qui est fait ? " Il poursuit : " Défrayer la chronique avec ces arrestations, c'est noyer le poisson. Parce que le message est alors : "Ne vous inquiétez pas, nous contrôlons la situation." Mais qu'adviennent-ils des commanditaires et des destinataires ? Ces passeurs et mules ne sont que des intermédiaires ! Qu'on arrête de brouiller les pistes sous prétexte de ne pas nous alarmer ! "
Le Portugal comme exemple
Pour Nicolas Ritter, " il est clair que la dégradation du law and order à Maurice est intrinsèquement lié aux problèmes de dépendances. On ne va pas me sortir cela de la tête. " Et, relève-t-il, " que nos politiques préfèrent se gargariser en disant au peuple : "Ne vous inquiétez pas, nous avons la situation sous contrôle" parce qu'ils arrêtent les passeurs et les mules, ce n'est pas comme cela que nous allons trouver des solutions au problème ! "
Le directeur de PILS continue sur sa lancée : " Je n'ai pas de baguette magique. Je n'ai pas de réponses à cette question, ni de solution miracle au problème de la drogue. Cependant, je pense qu'il y a des compétences dans notre pays qui sont mieux placées que moi sur ce point. " Et, poursuit-il, " s'agissant des débuts de réponses et de solutions, il n'est surtout pas question de renforcer les lois. Car la répression n'engendrera rien de concret à part augmenter la capacité de nos prisons déjà surpeuplées de consommateurs ! " Surtout, souligne-t-il, " s'en prendre aux consommateurs et les pénaliser ne résoudra pas le problème. "
Évoquant sa récente participation à la Conférence internationale du sida, à Vienne, Nicolas Ritter prend l'exemple du Portugal. " Sa politique de décriminalisation a entraîné, dans des délais relativement courts, des résultats probants et encourageants. " D'où son appel : " Qu'attendent les autres pays, dont Maurice, pour suivre cet exemple ? " Il précise aussi : " Il ne s'agit pas d'une solution miracle, ni de mesures nécessitant des capitaux importants. Si Maurice suit l'exemple du Portugal, il n'y a qu'à faire la demande et les instances internationales, comme les Nations unies et ses agences, viendront soutenir et encadrer nos efforts. Il suffit d'une demande… Encore faut-il qu'il y ait la volonté ! "
Dans le même ordre d'idées, Nicolas Ritter rappelle qu' " à chaque conférence internationale de Harm Reduction, combien de fois des officiels Mauriciens se sont déplacés ? Pratiquement jamais ! " Son souhait : " Que le ministre, pourquoi pas le PM lui-même, dans un sursaut d'intérêt parce qu'il a à cœur le problème de la toxicomanie, ne s'y rend-il pas une fois au moins, et donne un signal concret et fort de son engagement dans ce combat ? "
Nicolas Ritter dit être confiant : " Les données sont là. Il ne reste qu'à agir. "
Sida : " Les choses bougent dans le bon sens, enfin ! "
Le directeur de PILS se dit " ragaillardi. " Il y a trois ans, nous rappelle-t-il, " je déclarais, le 1er décembre de cette année-là, que j'étais las, découragé et fatigué ", parce que " les choses n'avançaient pas. " Entre temps, relève-t-il, est arrivé le Global Fund et d'autres projets, tels celui de la Commission de l'océan Indien, AIRIS/Sida.
L'arrivée du Global Fund, poursuit notre interlocuteur, " permet à Maurice de se donner les outils pour une réponse nationale plus performante et adéquate vis-à-vis de l'épidémie du sida. " Il relève néanmoins que " nous sommes dans une situation où il n'est pas question de reculer. Les engagements pris doivent être honorés. Ce qu'il y a de bon, avec le Global Fund, c'est qu'il représente un cahier des charges. Soit on respecte ce qu'on s'est fixé comme objectifs et on réussit, soit on perd cette subvention. Et là, ce serait vraiment une honte pour Maurice ! "
Et " ajouté à cela, des organismes comme la COI sont venus, avec des projets comme AIRIS/Sida accentuer et améliorer la qualité de la formation et de l'éducation sur le plan national. "
Explicitant son regain d'entrain et de combativité, Nicolas Ritter explique que " les séropositifs parviennent à mieux vivre leur condition. " Et d'ajouter : " Au niveau de PILS déjà, dans le sillage de la restructuration que nous avons apporté, au cours de ces deux dernières années, nous avons pu toucher des patients qui n'étaient pas forcément réguliers, et même d'autres dont on avait perdu la trace ! " Cet état de choses est très important pour le directeur de PILS, " car cela prouve que ces patients reprennent confiance et viennent pour leur traitement. Ils veulent s'en sortir, et nous sommes là pour leur donner ces moyens. " Il cite, à cet effet, des programmes d'empowerment tant pour les femmes que pour les hommes, qui démarreront incessamment.
" Le but étant non seulement de donner la chance aux personnes vivant avec le VIH (PVVIH) d'être économiquement autonomes en apprenant un métier, mais aussi de partager leur vécu entre eux, de forger des liens et de sortir de l'isolement. " C'est un aspect " psychologique et social inhérent à notre mission. " Certes, PILS " n'est pas et ne peut être l'unique acteur social auprès des séropositifs mauriciens. Nous sommes un acteur, au même titre que l'État, qui a sa part de responsabilités. "
PILS salue de même " les efforts qui sont faits, au niveau national, via des études qui permettent de mieux cerner les problématiques existantes, comme les usagers de drogue par voie intraveineuse, les commercial sex workers, entre autres. Ces études nous permettent d'avoir des évaluations plus claires de la situation. On sait alors où cibler nos actions pour que la réponse soit plus efficace ! "
Le directeur de PILS se dit " satisfait de la nouvelle ministre de la Santé. Elle est à l'écoute et a déjà apporté des changements prometteurs. " En revanche, il affiche un certain scepticisme quant à " l'inclusion de l'éducation sexuelle et des life skills dans le cursus scolaire. Le ministre concerné, Vasant Bunwaree, a signifié son engagement en disant que cela sera chose faite en 2011. Attendons voir… " Nicolas Ritter explicite : " Former nos jeunes en matière de santé reproductive, pour qu'ils maîtrisent mieux leurs corps et leur sexualité, fera d'eux des citoyens mieux armés, responsables et respectueux des autres. C'est là notre but ! "
Charge virale en panne
Nicolas Ritter n'est pas content que " les deux machines permettant aux séropositifs de vérifier leurs charges virales, qui est un élément important dans leur traitement, ne sont pas toujours performants. Parfois, ils fonctionnent. Parfois, ils sont en panne. C'est une aberration ! Si les autorités se rendaient compte à quel point ces machines sont importantes pour le traitement des malades, ils ne tarderaient pas à les réparer ! "
Dans le même esprit, Nicolas Ritter rappelle aux séropositifs que " suivre son traitement, à 100%, c'est 100% de réussite. Le suivre à 70%, c'est 100% d'échec ! " 2011, explique-t-il, " sera l'année durant laquelle nous mettrons l'accent sur la nécessité pour les patients de mieux comprendre leur maladie, s'informer et s'éduquer afin de ne pas développer des résistances aux médicaments (anti-rétroviraux). " Il s'agira aussi de rendre le dépistage encore plus accessible au plus grand nombre.
WAD 2010 : vulnérabilité des "sex workers"
PILS démarrera bientôt sa campagne de sensibilisation en marge du 1er décembre, date à laquelle est observée dans le monde entier la Journée de la lutte contre le sida. " Cette année, nous allons mettre l'accent sur la vulnérabilité des commercial sex workers ", indique Nicolas Ritter. Par le biais de la caravane de PILS, qui sillonne le pays régulièrement, avec à son bord un travailleur social, un aide-soignant et un chauffeur qui est souvent un travailleur social lui-même, le but est d'aller à la rencontre des travailleuses du sexe sur leurs lieux de travail. " Leur offrir des soins, de l'écoute, un café et une cigarette. Les munir de préservatifs et d'informations pour leur venir en aide. Et de même, réaliser une banque de données, d'une certaine manière, pour évaluer la situation. " Mais ce qui révolte surtout Nicolas Ritter, " c'est la violence dont sont victimes ces êtres humains. Elles sont battues par les clients, par les policiers qui les arrêtent, et parfois même par les proxénètes ! Pourquoi autant de maltraitance ? "
Dans le même ordre d'idées, Nicolas Ritter avance que " 2011 sera l'année à laquelle nous nous appesantirons sur la nécessité de changer les regards. La stigmatisation et la discrimination perdurent encore, hélas ! " Certes, reconnaît-il, " je pense que presque 90%, sinon plus, de Mauriciens sont désormais conscients que ce n'est pas bien de maltraiter et de juger les séropositifs. Mais des poches d'ignorance perdurent. Il faudra continuer à militer. "
INTERVIEW : Michel Cundasamy, président de PILS. (source : week end scope du 02 septembre 2010)
"Tout est en place, mais dans le désordre"
Des moyens supplémentaires sont certes venus renforcer la lutte contre le VIH ces dernières années. Même si elles progressent, les choses ne vont pourtant pas toujours très bien. Il y a encore beaucoup à faire en ce qui concerne la prévention, la réduction des risques, la prise en charge des malades, affirme Michel Cundasamy. Reconduit à la présidence de PILS pour la troisième fois, ce dernier fait pour Scope un état des lieux. Il lance un appel aux politiques et réclame de la volonté et un leadership fort.
En dépit du silence qu'il semble y avoir autour du VIH en ce moment, les choses ne vont pourtant pas aussi bien que cela ?
Effectivement, non ! Chez PILS, nous suivons un cinquième des malades et nous sommes conscients qu'il y a encore beaucoup à faire. La prise en charge des patients n'est toujours pas ce qu'elle devrait être. C'est pourquoi il faut continuer à tirer la sonnette d'alarme. Avec les élections et la période post-électorale, on n'a pas beaucoup parlé de VIH/SIDA, mais les problèmes existent toujours. Certains patients sont résistants aux médicaments et nous avons encore des problèmes de réinsertion sociale à gérer. Les préjugés existent, mais tombent petit à petit. Nous attendons en ce moment la publication d'un rapport commandité par le Collectif Arc-en-Ciel sur les hommes ayant des relations avec des hommes. Ce rapport constituera une autre onde de choc. Il démontrera que les statistiques changent au sein des populations que nous avons marginalisées.
Au niveau de PILS, comment avez-vous ressenti le changement apporté par les mesures récemment prises par le pays pour tenter de contrôler l'impact du VIH/SIDA ?
Maurice détient toutes les bonnes armes pour réussir la lutte contre le SIDA. Mais il ne manque que le leadership dans chaque département. Par exemple, il n'y a toujours pas de leadership fort dans la lutte contre la toxicomanie. Il n'y a personne qui prenne les devants pour vraiment élever la voix. Plusieurs voix s'élèvent, mais elles s'éparpillent. Nous savons ce qu'il faut faire et nous réalisons de bonnes choses. Mais nous ne faisons pas tout ce qu'il faut pour que la société civile et que les leaders politiques s'engagent vraiment. C'est là où le bât blesse.
Nous voulons qu'il y ait une stratégie claire et nette ainsi qu'un suivi au niveau de tous les centres qui ont été ouverts, de tous les programmes mis en place. Nous attendons que la ministre de la Santé dégage des idées pour renforcer ce qui a été initié par le précédent ministre et qu'elle revienne vers nous pour que nous travaillions en partenariat. Qu'elle nous aide à travailler avec le ministère de l'Éducation pour que nous puissions faire passer nos messages. Il faudra aussi songer aux prisons. Le ministère de l'Éducation doit mettre plus de punch dans ses programmes d'éducation sexuelle et de prévention. Il est temps que cela fasse partie du cursus scolaire. La population a le droit de savoir.
À quel niveau pensez-vous que le déclic doive se faire ?
Du côté des leaders politiques. Nous avons besoin d'un message fort de la classe politique, qui va entraîner la société civile à prendre conscience et à réagir. En ce moment, tout est mis en place, mais tout est fait dans le désordre. C'est un grand désordre. Par exemple, il a été décidé qu'il y aurait des centres de dépistage à travers l'île. Des tests sont faits, mais il n'y a toujours pas une bonne prise en charge des patients, et pas le personnel qualifié et compétent qu'il faudrait. Souvent, ceux qui se rendent vers ces centres ne se sentent pas bien accueillis et ils reviennent en arrière. Du coup, c'est toute la lutte qui recule avec eux.
Cela explique-t-il le fait que des personnes meurent toujours des causes liées au VIH à Maurice alors que le traitement est gratuit ?
Oui. À cause de ces problèmes dans les centres de santé, il y a toujours des patients qui préfèrent abandonner leurs soins et rester dans leur coin, croyant que ça va passer. Le risque de mortalité devient alors élevé. Au niveau de la prévention, tant mieux que le CSR soit là pour aider, mais la prévention seule ne nous aidera pas à gagner la lutte contre le VIH/SIDA. Des actions de terrain doivent être menées, des actions coups de poings pour faire comprendre et faire passer le message. Pour dire par exemple que l'usage d'un préservatif est essentiel, tout comme le sont les points d'échange de seringues. De telles choses doivent finir par faire partie de notre quotidien.
Il est très important qu'il n'y ait pas de recul par rapport aux choses qui ont été déjà mises en place. Il faut avancer, mais on ne peut pas persévérer avec seulement les moyens du bord. Il faut qu'il y ait une volonté venant d'en haut pour que le personnel soignant soit dûment formé, que la prévention soit intégrée dans le cursus scolaire et que tous les programmes nécessaires soient mis en place comme il le faut. C'est pourquoi nous attendons du gouvernement la remise en place du National Aids Committee (NAC) où tous les ministères et toutes les institutions concernées peuvent se retrouver. Le NAC doit recommencer à fonctionner comme dans le passé. Ce sera un signal fort de la part du gouvernement.
Comment fonctionnez-vous dans ce vacuum de coordination laissé par le NAC, qui ne s'est pas réuni depuis plusieurs années ?
Pour le moment, nous ressentons un grand vide. Nous attendons l'arrivée du Dr Catherine Gaud de la Réunion, qui viendra pour faire un tour d'horizon de toutes ces choses mises en place. Elle soumettra ensuite un rapport au Premier ministre. Ce rapport viendra sans doute souligner les dysfonctionnements qui persistent en ce moment. Nous attendons cela avec impatience.
N'est-ce pas énervant de parler des mêmes dysfonctionnements, année après année ?
Quelque part, c'est aussi notre rôle de veiller à faire bouger les choses. Et elles bougent ! Lentement certes, mais ça avance. En ce moment, il y a une sensation d'inertie dans la lutte contre le VIH. Il faut toujours tirer la sonnette d'alarme. Nous, nous souhaitons travailler avec le gouvernement pour que les choses progressent.
Une cinquantaine de nouveaux cas recensés mensuellement à Maurice, des patients qui continuent à mourir… En se basant sur ces faits, les sceptiques tendent à croire que les choses n'avancent pas.
Considérons tout cela autrement. C'est finalement grâce à la mise en place des tests, que nous savons que ces personnes meurent des conséquences liées au VIH. Avant, on ne le savait même pas. Aujourd'hui, hélas, ces gens entrent dans les statistiques; mais le dépistage est fait et cela nous permet de découvrir de nouveaux cas. À Maurice, nous avons approximativement 4,700 cas recensés, mais nous savons qu'il faut multiplier ce chiffre par un certain nombre pour se rapprocher de la réalité. À ce niveau, je crois que les sceptiques ont tort. La situation aurait été pire si les mesures de ces dernières années n'avaient pas été prises. De manière générale, les choses progressent parce que les Mauriciens font preuve d'intelligence et cela nous aide énormément. Mais avec les dysfonctionnements qui persistent, les sceptiques ont le droit de l'être.
Quels sont les changements apportés par le CSR et le Global Fund dans la lutte ?
Ces changements sont surtout ressentis au niveau de l'administration. Il y a désormais un peu plus de dossiers et d'argent à gérer. Et il y a beaucoup de responsabilités et de rapports à rendre. Avec le CSR, le gouvernement a accompli quelque chose d'assez fort. Tout cela représente plus de moyens pour nous aider à toucher et à aider plus de monde. Nous sommes très contents, mais nous restons prudents.
Que retenez-vous de votre participation à la conférence internationale sur le VIH/SIDA qui s'est tenue à Vienne récemment ?
À travers le monde, les financiers ont décidé de réduire le budget alloué à la lutte contre le VIH/SIDA. Cette situation déplaît aux activistes : c'est quelque chose qu'il ne faut pas faire. Nous sommes presque arrivés au terme de la bataille. Ce n'est pas le moment de s'arrêter. Dans tous les pays, il faut que les voix politiques s'élèvent et que chacun, à son niveau, s'y mette.
Leader dans la lutte contre le VIH/SIDA depuis plusieurs années, comment se positionne PILS avec l'arrivée d'autres ONG qui s'engagent aujourd'hui ?
Nous sommes ravis qu'il y ait aujourd'hui d'autres voix qui se font entendre pour aider dans la lutte. Nous comptons sur les autres ONG, qui ont aussi leur rôle à jouer. Le Centre Idrice Goomany, par exemple, fait du bon travail. Mais plusieurs de ces ONG ont d'autres priorités. Au niveau de PILS, nous travaillons pour que les tabous tombent encore plus. Nous gardons notre rôle de chien de garde, heureux qu'il y ait d'autres partenaires sociaux qui apportent leurs voix pour que l'on puisse avancer dans la même direction, puisque nous finissons tous par nous rejoindre. Le Réseau mauricien a été constitué, mais il faut que chacun élève sa voix pour que cela fonctionne. Si PILS doit être le leader, nous le resterons, en faisant entendre notre voix un peu plus que les autres. Cela, on l'assume.
En occupant les devants de la scène, PILS se retrouve aussi pointée du doigt quand on parle des dysfonctionnements qui persistent. Comment vivez-vous cela ?
PILS est une aventure humaine. Et toute aventure humaine n'est pas infaillible. Nous restons ouverts à toutes les critiques pour en discuter et nous restons attentifs à celles qui sont constructives. Nous ne fermons pas la porte à qui que ce soit. Nous sommes une société qui grandit, mais nous ne pouvons pas tout gérer en même temps. De la même manière, nous ne pouvons et ne voulons pas faire plaisir à tout le monde. Des critiques, il y en aura toujours.
Avec le développement connu par votre ONG, pensez-vous qu'elle parvienne à conserver l'esprit dans lequel elle avait été bâtie et dans lequel elle a grandi ?
C'est de plus en plus difficile à gérer. Aujourd'hui, nous avons réussi à former une équipe et à communiquer cet esprit à ceux qui nous rejoignent. On ne se réveille pas un matin en se disant devant son miroir qu'on va s'engager dans cette lutte. On apprend à le faire. On apprend à aimer l'échange qui se fait avec la société civile. PILS est une aventure humaine lancée par Nicolas Ritter, et la motivation du départ est toujours intacte. Cette envie d'œuvrer pour la société est toujours là. Une fois que l'on a commencé sur cette voie, il est difficile de s'en détourner.
Quels sont les défis qui vous attendent alors que vous vous retrouvez pour la troisième fois à la présidence de PILS ?
Le défi est de parvenir à réveiller la société civile et la classe politique. Il faut que les gens se réveillent à cette cause comme à d'autres. Cette prise de conscience est la seule chose qui permettra à la lutte d'avancer. Moi, j'aimerais bien que dans 15 ans, il n'y ait plus PILS parce que nos objectifs auront été atteints. Entre-temps, PILS continue sur la même lancée, les projets se mettent en place. Notre cellule d'aide aux patients se développe avec de nouvelles recrues pour une meilleure prise en charge et pour faire remonter les dossiers. Nous avons de plus en plus de programmes au niveau de la prévention et de la communication. On ne va pas s'arrêter en si bon chemin.
Le point sur l'accès aux traitements, Dhiren Moher. (source Week End Scope du 19 août 2010)
Des décès récents chez des personnes vivant avec le VIH inquiètent Dhiren Moher. Pour ce dernier, ces drames résultent de dysfonctionnements dans le système de santé et dans l'accompagnement social des patients. Il y a urgence, affirme-t-il.
Bien que sous traitement aux antirétroviraux (ARV), une quinzaine de patients vivant avec le VIH sont morts durant ces six derniers mois. Environ le même nombre de personnes testées positives - mais pas forcément sous traitement - sont décédées durant les semaines passées. C'est ce que l'on apprend d'une source non officielle mais informée. Le ministère de la Santé, auprès de qui nous avons recherché confirmation, n'a pas pu, par lourdeur administrative, nous communiquer les chiffres officiellement.
La situation inquiète les observateurs. Parmi, le militant Dhiren Moher, qui revient à l'avant-scène pour tirer la sonnette d'alarme : "Avec les moyens investis dans le dépistage et dans le traitement, une telle situation n'aurait jamais dû exister. Le nombre de personnes vivant avec le VIH qui meurent en ce moment est inquiétant. Cette situation témoigne de graves dysfonctionnements qui existent dans notre système."
Cadre social. Concernant les patients déjà sous traitement, Dhiren Moher estime que le suivi médical devient vraiment efficace lorsqu'ils bénéficient d'un cadre social qui leur permet de mieux s'occuper de leur santé. Cependant, "certains de ces patients sont touchés par des problèmes plus urgents. Ceux qui vivent dans l'extrême pauvreté sont avant tout préoccupés de savoir où ils vont loger, comment ils mangeront et comment ils feront pour nourrir les leurs. Leur santé vient après toutes ces autres priorités", souligne Dhiren Moher. Certains finissent par négliger leur traitement, alors qu'il est inefficace chez d'autres, qui n'arrivent pas à satisfaire leurs besoins de base, surtout en terme de nutrition.
Spirale. Alors que l'on désigne le partage de seringues comme une des principales causes de contamination à Maurice depuis 2003, Dhiren Moher rappelle que les usagers de drogues ont aussi d'autres difficultés à prendre en considération. À la dépendance s'ajoutent souvent des problèmes d'hépatites ou d'autres complications qui doivent aussi être prises en charge. Mais des maladies comme l'hépatite C ne sont pas traitées. La spirale finit ainsi par devenir fatale. Cette situation rappelle la nécessité de dégager des actions appropriées pour la prise en charge globale des individus concernés.
60%. Pour Dhiren Moher, les autorités devraient reconsidérer en urgence la formule appliquée pour le soutien social et financier des personnes vivant avec le VIH. Jugé trop rigide, ce système tient trop de patients à l'écart : "Par exemple, pour qu'un patient ait droit à une pension, un comité de médecins doit statuer qu'il est invalide à 60%. Mais ce système ne tient pas compte de la réalité sociale de l'individu. Certains, même s'ils ne sont pas invalides, peuvent souffrir d'autres types de problèmes qui les empêchent de travailler. Il y a aussi le contexte social et économique de l'individu qui doit être pris en considération."
Une approche au cas par cas et qui tient davantage compte de considérations humaines est nécessaire, plaide Dhiren Moher. Sinon, d'autres patients mourront, "parce qu'ils n'ont pas de quoi manger correctement et parce qu'ils ne vivent pas dans un cadre approprié." Le travailleur social rappelle que dans le passé, la pension automatique avait été supprimée parce que des bénéficiaires dépensaient cet argent auprès des trafiquants. "Aujourd'hui, les choses ont changé avec l'arrivée de la Méthadone. À partir des nouvelles données, on devrait reconsidérer le système d'aide." Pour Dhiren Moher, le fait que plusieurs patients restent en dehors du traitement "témoigne du fait que le gouvernement et les ONG aient quelque part failli dans leur travail".
Dépistage. À Maurice comme dans plusieurs parties du monde, avec l'accès au traitement, le dépistage est encouragé le plus tôt possible. La prise en charge précoce des patients permet à ces derniers de jouir d'une meilleure qualité de vie à travers le traitement aux antirétroviraux. Cette approche, en baissant la charge virale chez l'individu, contribue aussi à réduire les risques de contamination au sein de la population.
À Maurice, des campagnes de sensibilisation (hélas non soutenues) encouragent le public en ce sens. Il demeure cependant primordial que le système de suivi fonctionne de manière optimale. Ces dernières années, face à la sensibilisation et aux pressions, de grandes améliorations ont été notées. Mais certaines lacunes demeurent. Ainsi, dans le domaine hospitalier, des membres du personnel ont toujours tendance à avoir une attitude stigmatisante vis-à-vis des personnes vivant avec le VIH. Ce qui a pour conséquence que des personnes sont hésitantes à poursuivre le suivi. Cette manière de faire a été fatale pour plusieurs patients qui ont préféré abandonner le traitement.
Pour sa part, Dhiren Moher attire l'attention sur les difficultés qu'a le service de santé à traiter des personnes trouvées positives alors qu'elles sont déjà à un stade avancé de la maladie. "Même si la personne a été dépistée tardivement, sa prise en charge doit être possible. Mais je me demande si nous avons les médicaments nécessaires pour cela." Le militant lance aussi un appel pour que les médecins référents formés pour travailler auprès des patients vivant avec le virus soient autorisés à réclamer des examens approfondis pour détecter des maladies et infections opportunistes chez ceux qu'ils traitent. Tel n'est pas le cas en ce moment pour des scanners et autres tests, qui réclament la signature d'un spécialiste. "Mais ces derniers ne sont pas forcément formés pour travailler avec des patients touchés par le VIH et ne comprennent pas toujours l'urgence."
Orphelins. Dhiren Moher soulève aussi une autre interrogation qui est source de préoccupation dans plusieurs pays : celle de ces enfants dont les parents sont morts du VIH. Désignés comme des "orphelins du Sida", ces derniers constituent des vraies communautés dans certains pays d'Afrique où le taux de mortalité lié au VIH est élevé. À Maurice, si la situation n'a pas atteint de telles proportions, il est nécessaire de faire preuve de vigilance et de définir un cadre pour soutenir et accompagner ces enfants qui risquent aussi de souffrir de rejet et de discrimination.
Chiffres. Pour rappel, depuis 1987, Maurice compte officiellement plus de 4,000 personnes vivant avec le VIH. Selon les estimations, il y aurait déjà eu entre 12,000 et 15,000 infections dans le pays. Depuis sept ans maintenant, une cinquantaine de nouveaux cas sont enregistrés mensuellement dans les centres de dépistage. Jusqu'à une date récente, ces contaminations étaient principalement attribuées à l'échange de matériel d'injection entre usagers. Depuis quelque temps, un nombre croissant d'infections intervenues dans le cadre de rapports sexuels non protégés est noté.
S'il n'existe toujours pas de guérison contre le VIH/SIDA, le patient peut vivre en bonne santé à travers le traitement, le soutien et la responsabilisation.
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En attendant le NAC
Pour Dhiren Moher, des solutions aux problèmes déplorés, ici comme ailleurs, auraient pu être trouvées dans le cadre d'un dialogue entre les différents partenaires. Une plateforme pour de tels échanges existe au sein de notre système. Mais cela fait plusieurs années que le National Aids Committee ne fonctionne plus. Présidé par le Premier ministre, ce comité multisectoriel ne s'est réuni qu'une fois sous la présidence de Navin Ramgoolam. Il a ainsi fait le choix de ne pas répondre aux appels lancés, en dépit de nombreuses requêtes formulées par les partenaires à différentes reprises.
Communiqué de Presse : Grippe A/H1N1 et VIH (21 Juillet 2010)
Dans le cadre de la campagne de vaccination contre la grippe A/H1N1, les personnes séropositives sont considérés comme prioritaires.
Le vaccin comporte des éléments du virus H1N1 qui seront injectés dans l'organisme humain afin de fabriquer des anticorps. Cette injection peut causer une fièvre pendant au maximum 48 heures.
En prévention, pour ne pas attraper la grippe, des mesures d’hygiène simples sont à envisager, à commencer par le lavage régulier des mains.
Que risque une personne séropositive ? Les mêmes complications qu’une personne séronégative : pneumonies bactériennes (notamment dues au pneumocoque) pouvant évoluer vers une insuffisance respiratoire grave.
Quelles sont les malades les plus fragiles ? > Les personnes qui ont peu de lymphocytes T4 (ou CD4) ; > Les personnes qui ne sont pas sous traitement, ou celles qui le prennent mal. > Les personnes qui souffrent d’autres maladies associées au VIH (lymphomes, diabète, problèmes pulmonaires ou cardiaques, cirrhose due à une hépatite virale..) ; > Les fumeurs ; > Les personnes vivant dans des conditions précaires, en prison... ; > Les enfants de moins de 5 ans.
Contre quelles maladies faut-il se faire vacciner ? > Il faut bien entendu se faire vacciner contre la grippe A/H1N1. > Et il faut également se faire vacciner contre les pneumonies à pneumocoques avec le vaccin Pneumo23® (1 seule injection par voie intramusculaire de préférence ou sous-cutané). Si vous êtes vacciné depuis plus de 3 ans, il est alors recommandé de mettre à jour votre vaccination. Le vaccin effectué par votre médecin - est efficace et bien toléré.
Combien de doses faut-il recevoir ? > Si la personne séropositive est sous traitement et que les résultats sont jugés satisfaisants par les médecins, une seule injection suffit.
J'ai été en contact avec des personnes grippées, que faire ? > Contactez votre médecin traitant (ou le médecin prenant en charge votre infection ou le service hospitalier dans lequel vous êtes suivi) pour que le médecin puisse juger de l’opportunité de vous donner un traitement préventif (Tamiflu® ou Relenza®).
Que faire en cas de symptômes grippaux ? > Contactez sans attendre votre médecin traitant (ou le médecin prenant en charge votre infection ou le service hospitalier dans lequel vous êtes suivi) pour recevoir un avis médical et un éventuel traitement. Votre médecin jugera du meilleur suivi adapté à votre cas.
Et en cas de complication (surinfection bactérienne pulmonaire) ? > Votre médecin pourra vous prescrire un traitement antibiotique.
Existe-t-il des contre-indications concernant ces médicaments lorsqu'on est traité avec des antirétroviraux ? > En principe non, mais seul le médecin peut en juger. Mais ces traitements doivent être adaptés en cas d’insuffisance rénale.
Interview - Stéphane Walger, responsable de la prévention. (source : lemauricien du 14 Juillet 2010)
" Le préservatif est un moyen de responsabiliser les jeunes "
La campagne autour du marketing social du préservatif a deux objectifs : lever le tabou qui l'entoure et faire en sorte qu'il devienne un produit de consommation courante. Le chef d'équipe (Prévention et Formation) chez PILS (Prévention, Information et Lutte contre le SIDA), Stéphane Walger, explique que la démarche est aussi d'amener un changement de comportement graduel de la population vis-à-vis du préservatif parce que son utilisation reste encore marginale chez les Mauriciens. Par contre, les infections sexuellement transmissibles (IST) progressent.
Pourquoi cette campagne sur le marketing social du préservatif ?
PILS a toujours fait la promotion du préservatif comme un des moyens pour se protéger contre les infections sexuellement transmissibles (IST). La grande nouveauté, c'est que cette fois-ci elle est étalée sur six mois grâce au financement du Global Fund. Cette campagne a démarré le 11 juin et va s'échelonner jusqu'en décembre prochain. Auparavant, les campagnes étaient plus courtes, faute de budget.
Pour ce qui est de la raison derrière cette campagne, il faut savoir qu'à Maurice on n'a pas encore beaucoup évolué dans notre approche vis-à-vis du préservatif. Nous avons deux objectifs : lever le tabou concernant le préservatif et faire en sorte qu'il devienne un produit de consommation courante comme n'importe quel autre produit qu'on achète dans une boutique ou en pharmacie. Et souhaiter, ensuite, un changement de comportement graduel de la population vis-à-vis du préservatif. Cela parce que son utilisation reste encore très faible chez les Mauriciens, notamment chez les jeunes.
Vous ciblez les jeunes de 15 à 24 ans. Pourquoi ? Est-ce parce que les risques sont plus grands parmi eux ?
Oui, les risques sont plus grands mais aussi parce que les statistiques montrent que la contraction la plus importante d'IST a lieu dans cette tranche d'âge. On ne peut plus dire aujourd'hui que les jeunes attendent le mariage pour avoir des relations sexuelles. Ce n'est pas vrai. Les jeunes découvrent leur corps très tôt et souhaitent expérimenter pour simplement connaître. Donc, il y a des comportements à risques chez les jeunes, notamment sur le fait qu'un jeune va avoir plusieurs partenaires avant d'avoir un partenaire régulier. Cela n'est pas propre à Maurice, cela se passe partout dans le monde. On a aussi, dans la population mauricienne, un nombre de plus en plus important de consommateurs de drogue injectable dans cette tranche d'âge. L'avenir du pays se dessine avec la jeunesse et c'est le moment d'informer, de manière beaucoup plus précise, la population sur les risques de contracter des IST.
Le préservatif étant encore relativement tabou à Maurice, quel genre de difficultés rencontrez-vous dans cette campagne ?
Je suis agréablement surpris qu'on n'ait pas vraiment rencontré de difficultés. L'ouverture d'esprit commence à évoluer à Maurice. Il n'y a pas eu de remontées négatives, peut-être parce que nous avons présenté le message de la bonne manière. Je pense aussi qu'il y a une certaine hypocrisie autour de cette question avec des gens qui vont faire des déclarations publiques pour dire qu'ils ne sont pas d'accord et puis, au fond, ils savent que c'est une utilité publique. Il y a encore une opposition dans le pays mais elle devient de plus en plus faible.
Nous savons tous qu'il y a un gros problème de santé publique à Maurice, pas seulement le VIH/sida mais aussi le diabète, une mauvaise alimentation et les cancers lié à l'alcool et au tabac. Ce qui nous intéresse, c'est avant tout le bien-être de la population. Il faut, donc, aborder la question du VIH/sida comme un problème de santé publique.
Le problème religieux existe parce que le préservatif inviterait à la débauche sexuelle. Qu'en pensez-vous ?
C'est un faux débat. C'est un argument qui ne tient pas la route. Nous pensons que le préservatif est un moyen de responsabiliser les jeunes. Il n'est pas seulement un outil de contraception mais aussi un moyen de se protéger des IST. Ça responsabilise le jeune sur les relations qu'il va avoir avec autrui. L'idée de le responsabiliser, c'est aussi de lui dire qu'on n'est pas pressé d'avoir un rapport sexuel. Nous n'avons pas un discours moralisateur sur la sexualité des jeunes. On va leur dire que plus vous prenez votre temps, plus vous avez la chance de trouver quelqu'un avec qui ça va bien se passer. On sait que le préservatif est rejeté encore par un bon nombre de jeunes. Cela montre, en fait, leur manque de sens des responsabilités.
Avez-vous discuté de cette campagne avec les corps religieux et les ONG, entre autres, avant son lancement ?
Bien sûr. Ce dialogue a lieu en permanence. Il y a des partenaires avec lesquels c'est plus facile, avec d'autres, c'est moins évident, mais je pense qu'on se retrouve tous sur le thème de la santé publique.
Le dépistage est volontaire. Quel prétexte pouvons-nous imaginer pour le rendre obligatoire ?
On ne peut rendre le dépistage obligatoire car cela irait à l'encontre des droits humains. Il faut travailler à une meilleure acceptation du test de VIH. Cela se fera progressivement. On peut mettre en place des centres de dépistage dans toutes les régions, le rendre gratuit également dans les hôpitaux publics. Peut-être qu'il faut le proposer dans une batterie de tests qui permettrait d'avoir un bilan de santé complet et aussi dans le cadre du conseil prémarital.
Ne pensez-vous pas que le dépistage volontaire ne progresse pas à cause de la stigmatisation ?
Une séropositivité ne représente pas la fin du monde. Il y a des traitements de plus en plus efficaces qui existent contre le VIH. Du coup, ça déstigmatise aussi la maladie. Ce n'est plus une maladie mortelle, sauf, malheureusement, dans les pays en voie de développement où l'on n'a pas accès au traitement, ou où le traitement est payant. Tel n'est pas le cas à Maurice. Je pense qu'une consultation se passe entre le médecin et le patient. Il faut encourager le dépistage volontaire pour que le traitement soit le plus précoce possible pour être plus efficace. Ce qui va empêcher le VIH de poursuivre son chemin.
Nathalie Rose : «Incluons l’éducation sexuelle et le VIH/sida dans le cursus scolaire (source : lexpress.mu du 13 Juillet 2010)
■ Comment réagissez vous à l’interdiction de diffuser en public le film «Paradi an Dey» de Jameel Peerally?
Je dois d’abord dire que je n’ai vu qu’un extrait de ce film sur internet. De ce que j’ai vu, je trouve que la réaction des autorités est non seulement excessive mais qu’elle va à l’encontre de ce à quoi on aurait pu s’attendre d’elles. Je ne comprends pas pourquoi l’Etat devrait avoir une telle réaction.
■ Quelle aurait dû être la réaction de l’Etat?
Nous savons que l’Etat a un rôle primordial à jouer dans la lutte contre le trafic de drogue et, parallèlement, il y a le rôle de la société civile, dont des organisations non gouvernementales.
Ces dernières années, on a pu constater davantage d’efforts de la part de l’Etat pour une plus grande coordination des services publics et privé. Mais un film, c’est un moyen plus dynamique et original de diffuser plus largement des réalités ayant trait à la drogue. On aurait pu penser que l’Etat aurait encouragé ce genre d’initiatives. Paradi an Dey décourage vraiment les gens par rapport à l’utilisation des drogues dures, des drogues injectables.
Ce que je trouve toutefois dommage dans l’élan de solidarité qui s’est dessiné autour de ce film, c’est que les gens ont tendance à mettre l’accent sur la liberté d’expression alors que le problème de fond, c’est le trafic de drogue. Il ne faudrait pas que ce transfert arrange les gens qui ne veulent pas que ce film soit diffusé.
■ Le problème des drogues injectables mène inévitablement à celui du sida…
Je pense qu’on ne doit plus dire «inévitablement». Des services sont offerts aux usagers de drogues injectables. Ce sont des services leur permettant de préserver leur santé même s’ils sont toujours en train de s’injecter de la drogue. Je fais là référence au programme d’échanges de seringues. Malheureusement, ce genre de services n’est pas disponible à travers tout le pays.
Il faut aussi dire que lorsqu’un jeune devient vraiment accro aux opiacés, c’est-à-dire au brown sugar et au Subutex, il ne bénéficie d’aucune structure susceptible de l’encadrer et de l’accompagner vers une désintoxication et une réhabilitation.
■ On évoque justement de plus en plus la présence de drogue dans les collèges…
Ce qui devrait être fait, c’est la mise en place d’un système de prévention adapté aux jeunes. A CUT, nous pensons que les jeunes ont le droit de savoir quelles sont les drogues qui existent et les effets qu’elles produisent à court et long termes. Ce sont des messages qui devraient être transmis systématiquement dans le cadre du cursus scolaire.
Je parle là de prévention adaptée et efficace.
Même si demain, il y avait un système de prévention efficace, cela ne voudrait pas dire qu’il n’y aurait plus de jeunes qui toucheraient aux drogues dures. Donc, parallèlement, il faudrait proposer des services qui soient «youth friendly» pour aider ces jeunes au niveau de la désintoxication et surtout de la réhabilitation. C’est vrai que si un jeune est issu d’une famille avec un bon encadrement et où existe le dialogue, cela facilite beaucoup les choses.
■ Pensez-vous que la toxicomanie soit toujours un sujet tabou?
Oui. Il y a quand même différentes réalités. Il y a des familles où la toxicomanie se transmet de génération en génération. Il y a d’autres familles où on ne peut pas en parler. C’est là que le problème surgit. Je pense aussi qu’il y a énormément de familles qui sont très loin de certaines réalités liées à la toxicomanie. D’où la pertinence d’un film comme Paradi an Dey.
Il faut aussi savoir que lorsqu’on parle de la lutte contre la drogue, il y a trois dimensions dont il faut tenir compte. Soit, la réduction de l’offre, celle de la demande et celle des risques.
La première se fait au niveau du contrôle des douanes et à travers l’action de l’ADSU (Anti Drug and Smuggling Unit). La deuxième se fait à travers des programmes de prévention adaptés.
Enfin, depuis que le VIH a fait son apparition, on évoque la réduction des risques.
Dans le monde de la drogue, il faut aussi prendre en considération le fait qu’il y a des gens à la fois dépendants et victimes et dont il faut s’occuper. Cela en leur offrant des services sanitaires et sociaux dans la perspective du respect des droits humains.
■ N’êtes-vous pas parfois découragée quand vous voyez que le trafic de drogue se poursuit de plus belle?
Il s’agit d’être très pragmatique sur cette question. C’est la raison pour laquelle des programmes de réduction des risques existent. La drogue sera toujours présente même si on arrive à limiter sa circulation. On ne peut se voiler la face et se dire qu’il n’y aura plus de drogue à Maurice. Il faut donc continuer à travailler en fonction de la réalité actuelle, surtout lorsqu’on parle de la prévention du VIH.
■ Pensez-vous que les jeunes accèdent aux informations adéquates sur le VIH/sida?
Il y a de l’information qui passe mais ce n’est définitivement pas suffisant. Les différents acteurs de la lutte contre le sida attendent patiemment un nouveau cursus avec des sujets tabous comme l’éducation sexuelle et le VIH/sida.
■ Quelle est la situation générale pour ce qui est du sida dans le pays?
Pour le moment, il y a un taux de prévalence officiel de 1,8%. Ce qui fait à peu près 12 000 personnes atteintes.
Cependant, ce chiffre date de 2007. Il est important de préciser que l’idée selon laquelle ce serait toujours les populations à risques qui sont infectées n’est pas nécessairement vraie. Les populations à risques, ce sont les utilisateurs de drogues injectables, les travailleurs/ses du sexe et les hommes ayant des rapports avec d’autres hommes.
Notre champ d’intervention touche les utilisateurs de drogues injectables. Depuis que l’on a recours à la méthadone et aux échanges de seringues, le pourcentage de toxicomanes nouvellement infectés est en train de baisser. Par ailleurs, si nous considérons la population des femmes infectées à Maurice, il faut faire ressortir qu’il y a beaucoup plus de femmes au foyer touchées que de travailleuses du sexe. Le virus est en train de passer des groupes vulnérables à la population au sens large. Il faut quand même continuer à renforcer le programme destiné aux populations à risques. Je pense spécialement aux prisons où il n’y a pas de structure pour la prévention du VIH.
■ Etes-vous satisfaite des efforts réalisés par les autorités dans cette lutte contre le VIH/sida?
Il y a des efforts mais pas de tous les partenaires. Par exemple, lorsque le programme d’échanges de seringues a été lancé, nous avons eu, certes, le soutien du ministère de la Santé et celui du National Aids Secretariat. Néanmoins, nous continuons à nous heurter à la police qui ne comprend pas la situation et pose ainsi problème sur le terrain.
L’hyperactivité sexuelle des jeunes inquiète (source : http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=5935)
Jimmy Jean-Louis*
Ile Maurice, PORT-LOUIS , 24 juin (IPS) - L’examen médical d’une jeune collégienne de 12 ans, violée récemment à Flacq, un village situé dans l’est de l’Ile Maurice, a révélé que l’adolescente était déjà sexuellement active. Ce qui a provoqué une onde de choc dans le pays, mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg de la jeunesse moderne.
L’hyperactivité sexuelle des jeunes Mauriciens est connue de tous, même si la plupart des parents, des enseignants et des responsables politiques du pays préfèrent se voiler la face à ce sujet. En tout 55 cas de viols sur des mineurs ont été rapportés à la police en 2009, sans compter de nombreux cas de relations sexuelles avec des mineures consentantes.
Durant la dernière semaine de mai 2010, une adolescente de 13 ans a rapporté à la police avoir eu des relations sexuelles à maintes reprises avec son amoureux, dont elle dit ignorer l’âge.
Une autre fille de 12 ans a fait pire. Son copain de 18 ans, de même que deux autres habitants de son village, âgés respectivement de 23 ans et 21 ans, auraient eu, eux aussi, des relations sexuelles avec elle sur une plage.
Une adolescente de 14 ans, qui était portée disparue, a été retrouvée chez son amoureux de 20 ans, avec qui elle a eu des relations sexuelles au Champ de Mars, le 20 mai dernier.
Selon la psychologue Emilie Duval, les activités sexuelles, la consommation d’alcool et de drogue sont les réalités de beaucoup de jeunes d’aujourd’hui. Si le développement physique est précoce chez les adolescents, tel n’est pas le cas pour leur développement psychologique. Ils ne sont pas préparés aux conséquences de leurs actes.
Le syndicat des enseignants du primaire, la 'Governement Teachers Union' (GTU), a décidé de prendre les choses en main, étant donné que l’adolescente violée de Flacq avait fait l’école buissonnière le jour de son agression sexuelle. En collaboration avec la 'Mauritius Family Planning and Welfare Association' (MFPWA), une association chargée du planning familial à Maurice, la direction du GTU s’est lancée dans une session de formation de trois jours à l’intention de tous les enseignants du primaire. L’objectif principal était de faire de la prévention contre le VIH/SIDA.
Selon Vinod Seegum, le président de la GTU, «avec la propagation du VIH/SIDA, il incombe au syndicat de former les enseignants pour qu’à leur tour, ils sensibilisent leurs élèves à cet effet, d’autant plus qu’il n’existe pas encore une politique d’éducation sexuelle dans le cursus scolaire».
Pour sa part, Vidya Charan, la directrice de la MFPWA, estime qu’il faut attaquer le mal à sa racine. «Ces enfants se laissent guider par leurs pulsions. On les juge et les condamne sans toutefois comprendre leur situation. Ils ne disposent pas d’informations et d’encadrement adéquats pour leur permettre de faire des choix responsables», souligne-t-elle.
Rita Venkatasamy, directrice du Centre d’éducation et de développement des enfants mauriciens (CEDEM), remet aussi sur le tapis la question d’éducation sexuelle dans le cursus scolaire. «C’est le grand problème. Tant au niveau de l’éducation primaire que secondaire, il y a une grosse lacune concernant l’éducation sexuelle. Il faut un débat assez ouvert et sans tabou sur la sexualité. Les jeunes ne réalisent pas quels dangers et pièges les attendent lorsqu’ils ont une sexualité précoce», explique-t-elle.
Plusieurs organismes veulent intervenir sur ce dossier à condition qu’il n’y ait pas de tabou ou d’interdits. A titre d’exemple, en 2009, le ministère de la Santé a pris sur lui de faire interdire trois questions touchant à la sexualité, l’abus d’alcool dans le monde estudiantin et le VIH/SIDA, dans le cadre d’un sondage de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), mené auprès de jeunes de 13 à 15 ans sur l’île.
Cette intervention avait irritée le Premier ministre, Navin Ramgoolam, d’autant que d’autres pays plus conservateurs que Maurice, comme l’Indonésie par exemple, avaient permis à tous les étudiants de la tranche d’âge ciblée de répondre à toutes les questions du sondage de l’OMS, y compris celles portant sur leur sexualité et leur utilisation des méthodes contraceptives, dont le préservatif.
De plus, la distribution des pamphlets par l’organisation non gouvernementale 'Prévention, information et lutte contre le SIDA' (PILS), qui milite contre la propagation du VIH/SIDA, avait été interdite lors d’une foire éducationnelle.
Une interdiction qui avait été très critiquée par Rajni Lallah, secrétaire du 'Muvman Liberasyon Fam'(MLF). «L’affaire des questions amputées du sondage de l’OMS et l’interdiction de distribution des pamphlets de PILS démontrent qu’il y a une répression sexuelle de l’Etat dans ce pays», a-t-elle affirmé.
La prise de risques est une des caractéristiques de l’adolescence. Toutefois, il est important de pouvoir aider les jeunes à évaluer les prises de risques et leurs conséquences, et de pouvoir mettre en place des balises et des garde-fous qui soient clairs, estime le MLF. C’est comme un pont menant de l’adolescence au monde adulte. Sans rambardes, l’adolescent peut glisser, chuter et se faire très mal. Il appartient aux parents, au ministère de l’Education et à l’Etat de placer ces rambardes.
*(Jimmy Jean-Louis est journaliste à Maurice et a écrit cet article pour 'Gender Links', une ONG d’Afrique australe qui lutte pour l’égalité de genre. Cet article est publié en vertu d'un accord de coopération entre Gender Links et IPS). (FIN/2010)
Communiqué de presse : Organisation Internationale du Travail (17 juin 2010)
http://www.ilo.org/global/About_the_ILO/Media_and_public_information/Press_releases/lang--fr/WCMS_141929/index.htm
La Conférence de l’OIT adopte une norme internationale du travail sans précédent sur le VIH/sida
Recommandation : http://www.ilo.org/global/What_we_do/Officialmeetings/ilc/ILCSessions/99thSession/pr/lang--fr/docName--WCMS_141907/index.htm
L’instrument final est fondé sur les principes suivants :
* la réponse au VIH/sida devrait être reconnue comme contribuant à la réalisation des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, y compris les travailleurs, leurs familles et les personnes à leur charge; * le VIH/sida devrait être considéré et géré comme un problème affectant le lieu de travail, ce qui devrait figurer parmi les éléments essentiels de la riposte nationale, régionale et internationale à la pandémie, avec la pleine participation des organisations syndicales et patronales; * il ne devrait y avoir aucune discrimination ni stigmatisation à l’encontre des travailleurs, en particulier vis-à-vis des demandeurs d’emploi et des postulants à un emploi, sur le fondement d’un statut sérologique réel ou supposé ou de l’appartenance à un groupe de population perçu comme plus vulnérable ou plus exposé à un risque de contamination par le VIH; * la prévention de tous les modes de transmission du virus devrait être une priorité fondamentale; * les travailleurs, leurs familles et les personnes à leur charge devraient avoir accès et bénéficier de services de prévention, de traitement, de soutien et de prise en charge du VIH/sida, et le lieu de travail devrait jouer un rôle pour en faciliter l’accès; * la participation et l’implication des travailleurs dans la conception, l’application et l’évaluation des programmes nationaux et sur les lieux de travail devraient être reconnues et renforcées; * les travailleurs devraient bénéficier de programmes de prévention des risques spécifiques de transmission professionnelle du virus et de maladies transmissibles associées, telles que la tuberculose; * les travailleurs, leurs familles et les personnes à leur charge devraient jouir de la protection de leur vie privée, y compris la confidentialité liée au VIH/sida, en particulier concernant leur propre statut sérologique; * aucun travailleur ne devrait être contraint de subir un test de dépistage du VIH ou de révéler son statut VIH; * les mesures concernant le VIH/sida dans le monde du travail devraient faire partie intégrante des politiques et des programmes nationaux de développement, y compris ceux qui ont trait au travail, à l’éducation, à la protection sociale et à la santé; * et veiller à la protection des travailleurs exerçant des professions qui sont particulièrement exposées au risque de contamination par le VIH.
Rappelons qu'à l'Ile Maurice, les personnes de nationalité étrangère séropositives n'ont pas le droit de travailler ou de résider sur le territoire mauricien.
Le marketing social du préservatif (PILS 09 juin 2010)
PILS est une ONG de lutte contre le Sida fondée en 1996. PILS met en œuvre des programmes de prévention pour la sous-région Océan Indien et assure le soutien psycho-social de plus de 500 personnes séropositives à l'Ile Maurice.
Contexte
Avec une augmentation régulière du nombre de transmission du VIH par voie sexuelle, la situation mauricienne reste alarmante.
Pour rappel : 50 personnes en moyenne découvrent leur séropositivité tous les mois. (Chiffres du MOH&QL)
Les chiffres du Ministère de la Santé et de la Qualité de la vie démontrent que de Janvier à Avril 2010 la transmission du VIH par voie hétérosexuelle est de 24,7 %. Ce pourcentage était de 20,6 % de Janvier à Décembre 2009.
Dans le cadre de notre politique de prévention et d’accès à l’information, PILS lance la première campagne nationale de longue durée sur le marketing social du préservatif.
Une récente étude sur la sexualité à l’Ile Maurice démontre qu’1 jeune sur 4 uniquement utilise un préservatif lors du premier rapport sexuel. Il faut rappeler qu’un seul rapport non protégé suffit pour contracter une IST.
Là plupart des jeunes célibataires sexuellement actifs ne se servent pas du préservatif durant leurs rapports sexuels.
Notre premier objectif est de rendre le préservatif plus visible, plus attractif, qu’il devienne un produit de consommation courante pour tous les jeunes mauriciens.
Notre second objectif est de rappeler que le préservatif reste la seule méthode de protection contre les IST dont le VIH lors d’une relation sexuelle (avec une personne contaminée). Par ailleurs il permet d’éviter les grossesses non désirées.
Le préservatif
Le préservatif est un étui mince et souple, imperméable au sang ainsi qu'aux sécrétions vaginales et péniennes. Il en existe plusieurs types : le préservatif masculin, le préservatif féminin, le préservatif parfumé à la banane ou à la fraise, le préservatif pour fellation etc. Le préservatif est aussi nommé condom, ou plus familièrement capote à l’Ile Maurice.
Le préservatif, correctement utilisé lors d'une relation sexuelle, est le seul contraceptif qui protège également des infections sexuellement transmissibles (IST).
Le préservatif masculin est généralement en latex. Il se place sur le pénis en érection, avant une relation sexuelle mettant en contact le sexe masculin et une muqueuse ; il remplit deux fonctions :
• Prophylactique, pour éviter la propagation de maladies et d'infections sexuellement transmissibles (MST et IST) ; • Contraceptive, pour éviter la procréation non désirée.
Un préservatif a une durée de vie de 5 ans. Il doit être changé toutes les 20 minutes lors d’un rapport sexuel.
Le préservatif est fiable à plus de 98 %. Les risques de déchirures augmentent si le préservatif est mal utilisé.
Pour augmenter l’efficacité du préservatif et éviter les risques de déchirures, nous recommandons l’usage d’un gel lubrifiant à base d’eau. Lors d’une pénétration (vaginale ou anale) ou en cas de sécheresse vaginale, l’utilisation d’un gel lubrifiant est fortement conseillée.
Le marketing social
Une meilleure accessibilité des préservatifs peut faire augmenter leur usage. Le marketing social des préservatifs (promotion d’un comportement sain et accès gratuit aux préservatifs) fait augmenter la demande et l’offre de préservatifs.
Les jeunes disent souvent, quand on les étudie, qu’ils ont honte d’en acheter dans les pharmacies et les autres points de ventes, que le prix est trop élevé, qu’ils n’aiment pas l’utiliser et que l’accessibilité est réduite.
Essayez de trouver un préservatif après 22h…
Le marketing social peut mieux faire connaître les préservatifs et les rendre plus abordables et largement accessibles dans les lieux publics grâce aux distributeurs (nous espérons que le MOH&QL via le Global Fund tiendra sa promesse de mise à disposition de distributeurs à travers l’île dès cette année).
Cette campagne a aussi pour but de responsabiliser les mauriciens et notamment les jeunes. En utilisant un préservatif, on protège notre santé et la santé de notre partenaire ; on protège donc la vie.
La campagne
La prévention reste un enjeu majeur de santé publique face à l’augmentation des contaminations à VIH parmi la population hétérosexuelle et notamment chez les femmes.
La campagne vise en priorité les jeunes de 15-24 ans avec un message axé sur la protection de la vie.
Elle sera entièrement en créole dans le but de toucher le maximum de mauriciens. Le terme « Kapot » a été retenu pour désigner le préservatif, étant le terme le plus couramment utilisé à Maurice. Cette campagne a pour but de dissocier l’image prosaïque du mot « Kapot » en l’associant à une politique de comportement sain et responsable.
Nous espérons que cette campagne permettra à un dialogue plus ouvert dans les familles, dans les écoles avec les enseignants, au sein des ONGs et des professionnels de santé.
Cette campagne est financée par le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (Global Fund). Le Fonds mondial est une institution financière internationale qui investit l’argent du monde pour sauver des vies. Le Fonds mondial soutient des programmes de prévention, de traitement et de soins à grande échelle à Maurice pour la période 2010-2015.
D’autres partenaires ont d’ores et déjà manifesté un intérêt pour parrainer cette campagne de communication.
Déroulement de la campagne
La campagne débute le 11 juin 2010 avec le lancement de la Coupe du Monde de Football et durera 6 mois.
Cette campagne de longue durée devrait permettre un changement de comportement graduel de la population mauricienne quant à l’usage du préservatif.
PILS communiquera sur tous les médias (TV, Presse, Radios, Internet, Affichages).
En 1999 déjà, une étude* effectuée en Europe a constaté que les médias ouvraient la voie à des discussions libres et franches au sujet de la sexualité responsable. Les messages encourageaient une saine sexualité et ne soulignaient pas les éléments de crainte ou de honte.
Les médias, et notamment la télévision et la radio, touchent dans le monde un grand nombre de personnes et exercent une énorme influence. A des heures de grande écoute, plusieurs milliers de mauriciens et rodriguais sont devant leur écran de télévision.
Durant la campagne, PILS multipliera ses séances de préventions dans les écoles, les entreprises et les centres sociaux afin d’expliquer comment utiliser correctement le préservatif. Les autres modes de prévention ; Abstinence, Fidélité, Dépistage et Traitement sont aussi au programme.
Bibliographie : • BERNE, L. and HUBERMAN, B. European approaches to adolescent sexual behavior and responsibility. Washington, D.C., Advocates for Youth, 1999. http://www.advocatesforyouth.org/storage/advfy/documents/european.pdf • Guide media sur le VIH : http://www.pils.mu/espace-medias/espace-documentation.html • Site Web de PILS : www.pils.mu
Les préjugés ne protègent pas, ils excluent. Les préservatifs n'excluent pas, ils protègent.
AIDS – One word, many worlds… (PILS 18 mai 2010)
The world of those who are courageously living with HIV, the world of an HIV+ mother who cannot live with her husband while the latter is working in Mauritius, the world of the families who have lost one of their children due to AIDS, the world of a child who is being denied his right to attend school because of the presumed HIV status of his parents, the world of a person being denied basic health care, dental surgery, the world of a HIV positive woman beaten to death by her husband, the world of those who are hiding their status due to fear of rejection, the world of those 600 prisoners living with HIV, the world of those suffering in silence…
Basic human rights are too often being denied to people living with HIV in Mauritius. If those same persons happen to be vulnerable ones (injecting drug users, sex workers, persons of lower socio- categories, women …), the stigma is even worse.
The 5th edition of the national AIDS Candle Light memorial was observed on the 16th of May throughout communities in Mauritius to raise awareness regarding HIV. Many local and international artists have joined the national fi ght against AIDS. What about our policy makers? Some of them have contributed genuinely and are still trying to do their best to assist communities, NGOs and people living with HIV. Yet, we must recognize that we are far from a strong will to stop the progression of HIV in Mauritius.
WHY?
Probably because most Mauritians still believe that AIDS is not a direct concern to them. Why should it be? Most of us, Mauritians, will say that we are not drug addicts, prostitutes, or gay. Most of us live a tranquil life (the usual stuff - a sweet husband or wife, a little extra-conjugal adventure once in a while, nice kids who are by no means engaged in sexual activities).
And YES, AIDS is a curse from GOD. People who have IT deserve IT. Why should we care if they are having proper care or not? The reality is that AIDS is a natural disease which can be contracted by anyone of us who has not taken essential precautions.
We must start to care, regardless of our race, religion, gender, sexual orientation, education, social position and job because with an average of 50 new cases of HIV+ persons detected each month, Mauritius is already in a red zone.
We already know that the best way to avoid any further progression of HIV lies in preventive action. So why wait for sexual education in schools? Why wait to train medical staff to properly counsel people who are doing their HIV test? Why wait to provide a complete decentralized health care and immune ward for HIV+ persons…? With an estimated 15,000 Mauritians
Mauritians living with HIV, now is the time to act !
Enn ta lalimier pou lespwar (source : week end scope du 20 mai 2010)
Des bougies ont été allumées au Caudan, dimanche soir, en souvenir de ceux qui sont décédés à cause du VIH/SIDA et en signe de solidarité. Cette année le principal message de l'International AIDS Candlelight Memorial touchait au respect des droits humains.
En prenant le micro en public Den Ramsamy s'est libéré "d'un poids qui était sur mes épaules et sur celles de ma famille depuis longtemps." La quarantaine, marié et père de 5 enfants après 20 ans de consommation de drogue, en 2006 il avait rejoint le Centre de Solidarité pour se faire aider. Un test de dépistage lui avait été proposé. Trois semaines après les résultats confirmaient ses doutes, comme d'autres il avait aussi été infecté. "Ce qui veut dire qu'aujourd'hui je vis avec le VIH." Travailleur social engagé, Ambassadeur Pozitif de Vivre + - de PILS - il a témoigné pour aider à briser les tabous et réclamer plus de respect envers les personnes vivant avec le VIH (PVVIH). Avant lui, il y avait Nicolas Ritter, Dhiren Moher et quelques autres, dont Malini. Den Ramsamy a eu une pensée pour cette dernière : "Mo démann Moris pa fer couma zot ti fer avek Malini are moi." Après son disclosure, la femme avait été chassée de son village. "Le combat, rappelle Den Ramsamy, n'est pas contre moi. Il est contre le virus." Pour l'homme, "mon combat à moi ce n'est pas contre la mort, c'est pour la vie."
Au Caudan Waterfront dimanche soir, ce témoignage a été l'un des moments forts de l'International AIDS Candlelight Memorial 2010. L'appel de Den Ramsamy rejoint aussi le thème de la cérémonie de cette année : Many Lights for human rights - Enn tas lalimier pou draw imen. Vers la fin de la soirée, des bougies dans des lampions rouges ont été allumées pour rendre hommage aux victimes du VIH/SIDA, et réclamer le respect des droits des PVVIH. Ceux qui ont pris la parole l'ont rappelé : aujourd'hui encore la discrimination continue à causer beaucoup de tort.
Marie-Michelle Etienne a, de son côté, lu le message de Desmond Tutu où il appelle à la tolérance et au respect vis-à-vis des homosexuels en Afrique et dans le monde.
C'est une foule composée de personnes de différentes régions qui était présente au Caudan pour cette cérémonie du souvenir. Durant la semaine écoulée des activités en marge de ce rassemblement avaient été organisées à travers le pays. Ce 5e Candlelight Memorial à Maurice a été vécu dans l'émotion en compagnie des artistes qui se sont associés à l'organisation. Parmi les danseurs de Arts Academy, Linzy Bacbotte, Sanedhip Bhimjee, Eric Triton, Ras Ninin, Dagger Killa, Yannick Nannette, entre autres.
Pour le coordinateur national, Danny Philippe, les objectifs ont été atteints. "Nous sommes parvenus, une fois de plus, à mettre un visage humain sur cette maladie qui a été trop diabolisée."
Nicolas Ritter : "Le climat de peur fait que de nombreuses personnes fuient les systèmes de santé"
Chaque mois, une cinquantaine de personnes apprennent leur séropositivité à Maurice. PILS enterre chaque semaine un de ses bénéficiaires. "Malgré les énormes progrès de la médecine le SIDA tue encore, toujours, toujours plus", dit Nicolas Ritter. L'une des raisons reste la discrimination. Le directeur de PILS rappelle que dans le monde la majorité des PVVIH n'a pas accès aux soins. À Maurice le traitement est gratuit et une loi a été votée pour protéger les droits des PVVIH. Et pourtant "le climat de peur et de stigmatisation qui y règne fait que de nombreuses personnes fuient les systèmes de santé et ne s'y retrouvent qu'en dernier lieu, perclus d'infections opportunistes et souvent au seuil de la mort. (…) À cause de cette stigmatisation, les personnes préfèrent ne pas savoir et donc ne font pas de test de dépistage, ne se protègent pas préférant contaminer plutôt que d'affronter le regard de l'autre. Ils ne prennent pas leur traitement, préférant la mort physique à la mort sociale." Pour Nicolas Ritter, "c'est grave et nous devons tout mettre en œuvre pour que cela s'arrête. Tous les êtres humains, y compris ceux qui vivent avec le VIH, ont le droit de jouir du meilleur état de santé susceptible d'être atteint."
"Il est fondamental", poursuit Nicolas Ritter, de s'attaquer à la stigmatisation et à la discrimination que connaissent tant de personnes vivant avec le VIH et de communautés frappées, pour créer un environnement favorable dans lequel les personnes vivant avec le VIH peuvent apporter une contribution significative. PILS considère qu'il est indispensable de respecter "tous les droits fondamentaux de tous les êtres humains si l'on veut réduire le taux d'infection par le VIH, améliorer l'accès aux soins et aux traitements et limiter les effets de l'épidémie, notamment les actes de discrimination et de violence." Dans son discours Nicolas Ritter a demandé aux autorités de se concentrer sur Rodrigues, sur la prison et sur la discrimination qui frappe les étrangers venant travailler à Maurice.
Récompensé d'un trophée, dimanche, pour avoir été le principal instigateur de la lutte contre le VIH à Maurice Nicolas Ritter a tenu à rappeler que "nous, personnes vivant avec le VIH, sommes plus que des statistiques et valons mieux que des chiffres et des couronnes mortuaires." Les PVVIH, a-t-il rappelé, "ont été un des grands moteurs de la riposte au SIDA, et rares sont les progrès réalisés au cours des 25 dernières années qui auraient été accomplis sans les efforts, l'expérience et le pouvoir de persuasion extraordinaire des personnes touchées et des communautés frappées." Il est important, ajoute-t-il, que les moyens soient fournis aux personnes touchées et aux associations pour qu'elles continuent le travail.
Les médecins privés encouragés à se former à l'action préventive (source : le mauricien du 12 mai 2010)
Le congrès international de médecine interne de l'océan Indien qui s'est tenu chez nous le week-end dernier a vu la participation de plusieurs centaines de médecins. Le groupe Rogers, engagé depuis trois ans dans la prévention du VIH/Sida auprès des jeunes de 15 à 24 ans, a profité de cette occasion pour proposer aux participants une matinée de formation visant à renforcer leurs connaissances et savoir-faire en la matière.
Cette formation de pointe était assurée par le Dr Catherine Gaud, spécialiste régionale exerçant à la Réunion et conseillère auprès du gouvernement mauricien pour le VIH/Sida. Afin de sensibiliser au maximum les jeunes sur la nécessité d'adopter un comportement sain, un travail d'encadrement en amont s'impose, notamment auprès du personnel médical. Il a ainsi été constaté, indique un communiqué de Rogers, que " le secteur médical privé est l'un des domaines de la santé mauricienne peu actifs dans la prévention et les soins du VIH/Sida. " Il s'avère que très " peu de médecins pratiquant dans le privé ont suivi une formation à la spécialisation du VIH/Sida permettant de suivre les patients vivant avec virus ". De même, le travail entrepris sur le terrain montre qu'il existe des manquements au niveau " des bonnes pratiques de prévention telles que l'offre du test VIH à la femme enceinte ou à tout patient faisant une analyse sanguine de routine ". Aussi, a-t-il été décidé, lors de ce congrès, de poser les bases d'une action cohérente en matière de prévention du VIH/Sida. À savoir, de proposer systématiquement des tests aux femmes enceintes et aux couples projetant de se marier ; d'entreprendre un travail de prévention auprès des jeunes patients, de faire un suivi médical des personnes vivant avec le VIH/Sida, entre autres.
Encourager les jeunes à se prémunir contre le virus par un comportement sexuel responsable et sain demeure une entreprise de longue haleine nécessitant l'implication de tous les acteurs de la société. Un rôle que souhaite jouer efficacement le groupe Rogers dans le cadre de son programme de Corporate Social Responsibility à travers son action sur le terrain. À ce jour l'entreprise a soutenu une cinquantaine de projets de prévention auprès de la jeunesse mauricienne.
Many lights for Human Rights (source lexpress.mu du 12 mai 2010)
«Many Lights for Human Rights». C’est le thème choisi, cette année, pour l’International Aids Candlelight Memorial. Evénement, qui a lieu tous les ans pour rappeler la lutte contre le VIH/SIDA.
«La situation concernant le SIDA à Maurice devient critique, avec 4328 personnes souffrantes, il faut conscientiser les gens et aider ceux déjà atteints», souligne Nicolas Ritter, directeur de Prévention Information Lutte contre le Sida (PILS). Et c’est pour mieux sensibiliser la population que l’International Aids Candlelight Memorial se tiendra ce dimanche 16 mai, au Caudan Waterfront, à Port-Louis, à 18 h 30. Il réunira les artistes locaux à l’instar d’Eric Triton, Sandeep Bhimjee et Linzy Bacbotte, entre autres.
C’est ce qu’a annoncé la filière mauricienne de l’International AIDS Candlelight Memorial, l’une des plus grosses campagnes de lutte contre le SIDA à Maurice, rassemblant plus d’une trentaine d’organisations non gouvernementales (ONG), lors d’un point de presse, en ce mercredi 12 mai. Danny Philippe, coordinateur pour Maurice, précise que l’événement coïncide avec le 5e anniversaire de la branche mauricienne de l’ONG et que c’est un hommage rendu à ceux morts du SIDA et un nouveau souffle d’espoir donné à ceux qui vivent avec cette maladie. «L’objectif est de prévenir les gens et des briser les barrières», indique-t-il.
Le travail effectué par l’ONG (PILS) a également été souligné. En effet, PILS a mia sur pied un projet de soutien pour les femmes atteintes de SIDA à Maurice. «Notre organisation aide ces femmes à reprendre confiance en elles et à s’intégrer à la société. Il y a des ateliers de vanneries et de bijouterie qui forment ces gens et les aident à être autonomes», indique Yolette Vyapoory, Team Leader de l’unité de soutien de PILS. Lors du rassemblement au Caudan ce dimanche, ces mêmes femmes vont d’ailleurs présenter leurs œuvres et les mettre en vente.
La branche Candlelight de Maurice lance un appel à tous les Mauriciens pour une mobilisation en masse dans le but de présenter leur soutien à la lutte contre le VIH/SIDA.
Communiqué du 22 avril 2010
Suite à l’article paru dans le quotidien de L’express du 22 avril 2010 intitulé « Atteinte du sida, elle agresse une infirmière », l’association PILS s’indigne de la nature sensationnaliste de ce papier.
Si PILS condamne toute forme de violence et de manque de respect envers le personnel médical, elle condamne également la façon incohérente dont a été abordée, ce qui nous semble être la vraie problématique de cet incident : la sécurité du personnel médical.
L’intitulé de l’article « Atteinte du sida, elle agresse une infirmière » peut indiquer au lecteur que l’agression de l’infirmière est due au statut médical de la patiente incriminée…. Le virus responsable du sida serait donc également responsable de provoquer chez les personnes touchées, des réactions violentes ?
Voici une information qui devrait être un « turning point » d’un point de vue scientifique…
Cet article est pour nous l’exemple type d’un travail bâclé, sans prise en compte des droits des personnes vivant avec le VIH, et qui, publié en « une », est sûr de son effet sensationnaliste.
Nous sommes consternés par les propos du président de la Mauritius Nursing Association alors que l’état mauricien et la société civile mauricienne se bat depuis des années contre la stigmatisation et la discrimination des personnes séropositives dans le pays :
Les prisonnières qui sont contaminées par le VIH sida « représentent un risque non seulement pour le personnel des hôpitaux, mais aussi pour les membres du public qui fréquentent ces lieux », souligne Bagooaduth Kallooa. »
L’article stigmatise les personnes vivant avec le VIH et nous ferait croire que ces personnes sont forcément violentes et dangereuses en raison de leur statut sérologique.
« A la suite à cet incident, le président de la Mauritius Nursing Association propose qu’une salle spéciale soit aménagée dans les hôpitaux pour soigner les détenues. »
PILS plaide depuis des années pour l’aménagement d’une salle spéciale mais pas de la même nature que celle proposée par le président de la MNA. En effet nous réclamons la création d’une salle aseptisée pour l’hospitalisation des personnes n’ayant plus les moyens de se défendre contres les infections virales, bactériennes et autres microbes habituellement inoffensifs.
Actuellement, les personnes vivant avec le VIH, même au stade le plus avancé de la maladie, sont admis en salles communes (wards), ce qui, compte tenu de la proximité des autres patients, des visiteurs et de la libre circulation du personnel médical, représente un réel danger pour leur santé.
Souhaitons-nous la mort de ces personnes ?
Cet incident suscite de notre part de nombreuses interrogations :
Cet article veut-il mettre l’emphase sur la question de la sécurité à l’hôpital ? de l’hospitalisation des détenu(e)s ? de la dépendance des patients en milieu hospitalier ? de la prise en charge des personnes vivant avec le VIH à l’hôpital ? Autant de sujets qui auraient pu être abordés dans cet article.
Les journalistes ont donc une grande responsabilité lorsqu’ils traitent de cette pathologie si singulière qu’est le VIH. L’information qu’ils donnent doit être juste et mesurée sur cette infection virale et sur les moyens de s’en protéger et/ou de la traiter.
PILS comprend qu’il existe certaines contraintes du monde des médias (l’exigence des rédactions, le besoin d’avoir des sujets à sensation, le court délai pour rédiger un article, etc.).
Nous fournissons pourtant gratuitement aux journalistes une formation de base sur le VIH et le sida depuis plusieurs années.
Nous mettons en ligne, avec nos partenaires, des guides à l’attention des journalistes et des médias. Ces guides précieux devraient permettre aux rédactions de mieux appréhender les enjeux actuels de cette lutte et d’apporter une information juste et équitable au public.
Guide disponible sur : http://www.pils.mu/espace-medias/espace-documentation.html
La société mauricienne est encore malade de ses préjugés.
C’est le sida que nous devons combattre, pas les personnes qui vivent avec.
Sida - Les jeunes et les enseignants peu informés (source : lexpress du 15 avril 2010)
De nouveaux supports pédagogiques pour mieux sensibiliser les jeunes à la prévention du virus du sida. De même, pour davantage les informer concernant l’éducation sexuelle. Ces supports ont été présentés aux instituteurs des écoles primaires et professeurs des colléges lors d’un atelier hier et avant- hier.
Avec 3 600 PVVIH recensés et une tendance à la hausse, Maurice est considéré comme un hot spot parmi les pays africains.
Conscients de cela, les docteurs Anwar Rumjaun et Ravhee Bholah, du Mauritius Institute of Education ( MIE), ont décidé d’entreprendre une étude menée auprés de 400 étudiants et 200 professeurs dans une vingtaine d’établissements scolaires. Ce qui les a permis de constater que les jeunes ne sont pas suffi samment renseignés sur le sida. Et selon Anwar Rumjaun, ce serait la faute aux enseignants.
« Nous avons mené cette étude pour connaître la perception des jeunes et du professorat vis- à- vis du sida. Cela nous a permis de nous rendre compte que c’est un sujet encore tabou et que les jeunes sont mal informés » , précise le Dr Rumjaun.
Autre constat : « Beaucoup d’entre eux sont intolérants et ignorants sur tout ce qui touche au sida. Cela va de la transmission du virus au décés. » Mais selon le médecin, ce qui est le plus étonnant c’est « qu’il existe encore de grosses lacunes au niveau des professeurs » . En effet, ce dernier fait ressortir qu’ils « ne disposent d’aucun outil pédagogique et ne sont donc pas aptes à faire de la sensibilisation auprés de leurs éléves » . Afin de combler ces lacunes, le MIE, avec la collaboration des deux docteurs, a initié un atelier dans le but de partager les résultats de l’étude au corps enseignant.
De plus, des outils pédagogiques, notamment un livret permettant d’aider les enseignants à mieux informer les jeunes sur le sida, ont été présentés.
« Ce livret n’est pas commercialisable pour le moment. Nous le présentons aux pédagogues et attendons un feed- back de leur part. Nous sommes persuadés que ce manuel pourra les aider dans leur démarche pédagogique.
Il faut que les jeunes soient plus informés, les tabous doivent disparaître et un effort de tolérance doit être fait » , explique Ravhee Bholah.
Paradoxalement, les jeunes ne semblent pas partager cet avis. Ces derniers se disent suffisamment informés à travers les campagnes de sensibilisation, l’Internet et la télévision. Par ailleurs, les cours d’éveil à la vie et à l’amour ( EVA), dispensés dans certains colléges de l’île, suscitent l’intérêt des étudiants.
Car ils sont libres de poser des questions sans aucun tabou.
« Les cours d’EVA nous ont sensibilisés à l’importance des rapports protégés.
Je pense que le meilleur moyen de se protéger c’est de briser l’ignorance. Il faut que les jeunes soient mieux informés et plus responsables concernant le choix des partenaires » , confie Anémone Parbhoo, éléve au collége Lorette de Curepipe.
Des visites à domicile pour sensibiliser au VIH/Sida (source : le matinal du 5 avril 2010)
Elle fait partie d’une Organisation non gouvernementale (ONG) et mène une lutte inlassable pour conscientiser les jeunes Rodriguais du réel danger du VIH/Sida. L’Association Lutte et Espoir de Rodrigues a été parmi les bénéficiaires du programme CSR de Rogers cette année. Elle a reçu une somme d’argent pour continuer son excellent travail à Rodrigues sur le VIH/Sida. C’est un groupe d’une vingtaine de femmes qui font un travail formidable sur le terrain pour sensibiliser les familles aux questions liées au Sida. Ces femmes volontaires, groupées au sein de l’association, avaient effectué une visite à Maurice où elles ont eu des séances de travail avec l’association PILS. Il faut faire ressortir que PILS est une ONG qui fait un travail exemplaire depuis des années afin de lutter contre la propagation du VIH/Sida.
C’est à partir de cette rencontre que l’idée a germé et que cette association a vu le jour. En mai 2008, les membres de cette association ont bénéficié d’une formation de Nicolas Ritter, de Jacques Rollin (Rive Océan indien) et de Audrey d’Hotman de Villiers. Cette formation, étant bénéfique, elles ont continué à étendre leur travail bénévole d’une manière plus professionnelle dans des villages. Interrogée au téléphone, Elizabeth Samoisy, présidente de cette organisation, nous a déclaré que leur travail consiste également à organiser des séances de dépistage dans les villages avec la collaboration de la AIDS Unit de Rodrigues du ministère de la Santé. Elle a ajouté qu’elle compte approcher PILS ou d’autres ONG locales pour que les membres de son association bénéficient d’une formation plus avancée que l’association et qu’elle puisse mieux accompagner les malades.
“Il y a un manque de vigilance des jeunes et l’Association Lutte et Espoir de Rodrigues vise à rendre les jeunes responsables afin qu’ils prennent conscience de ce phénomène dévastateur”, a ajouté Elizabeth Samoisy. Elle a aussi souligné que son association compte étendre leur campagne de sensibilisation dans différentes régions du pays.
CSR : Rogers poursuit son engagement dans la lutte contre le VIH/Sida (source : lexpress.mu du 30 mars 2010)
Le groupe Rogers est engagé dans la lutte contre le VIH/Sida, depuis trois ans déjà. Le conglomérat annonce de nouveaux projets qui seront mis en œuvre en 2010.
Lors d’une conférence de presse, en début d’après-midi, le mardi 30 mars, ces nouveaux projets ont été sélectionnés.
«Les projets sélectionnés pour 2010 ont pour but de sensibiliser les jeunes Mauriciens aux dangers du VIH/Sida et de les inciter à adopter le bon comportement qui les protégerait du virus», indique Audrey d’Hotman, CSR Manager de Rogers.
Les projets retenus sont ceux de PILS avec la traduction en créole d’un livret sur la sexualité, la réimpression du livret Garçons/Filles. Rogers a aussi retenu le projet du Ministère de la Jeunesse et des Sports qui consiste à la réalisation de dix vidéos pour soutenir la formation des jeunes.
Le Conseil des Religions bénéficiera aussi du parrainage de Rogers. Son projet concerne le renforcement des capacités des enseignants pour leur permettre de mieux encadrer les jeunes. Cette initiative sera effective grâce au plan d’action instauré dans une douzaine de collèges confessionnels. Le plan consiste à intégrer la sensibilisation aux dangers du VIH/Sida aux valeurs spirituelles.
Ce point de presse a aussi été l’occasion pour la responsable du CSR de Rogers de faire le bilan de l’action de Rogers dans ce secteur depuis 2007.
Depuis trois ans, Rogers a travaillé en collaboration avec différents ONG tels que PILS, Rotaract Club de Flacq et Teens in Control, entre autres. Quelques exemples de ces projets sont : le renforcement de l’unité de prévention de PILS, les projets de sensibilisation des jeunes, par les jeunes et le lancement du livret sur la sexualité.
Communiqué du 11 Mars 2010
Il a fallu plus de 20 ans depuis le premier diagnostic de Sida à l’Ile Maurice en 1986 (plus de 4000 personnes ayant contracté le VIH) et l’approche des élections pour que le Ministère de l’éducation se décide à s’intéresser plus sérieusement à la question de l’éducation sexuelle de nos enfants.
Alors que l'épidémie de sida ne faiblit pas chez les 15-24 ans, les jeunes n’ont toujours pas accès à une éducation sexuelle adaptée et complète en milieu scolaire.
L’association PILS (Prévention Information Lutte contre le Sida) se félicite de l’annonce du Ministre de l’Education quant à l’introduction de l’éducation sexuelle dans le cursus scolaire dès 2011. PILS espère toutefois que le Ministère de l’Education ne reculera pas devant le lobbying de certains groupes socioreligieux comme ce fut le cas par le passé.
L’éducation sexuelle, intégrée de manière adaptée et complète dans le cursus scolaire, est un plaidoyer fort, soutenu par PILS depuis des années. Il est temps que la sexualité soit abordée afin que les jeunes trouvent les réponses à leurs questions et des repères pour vivre en société tout en respectant l'autre.
Nous voulons que nos enfants mènent une vie saine et bien remplie. Leur enseigner les attitudes à adopter à propos de leur sexualité est un pas important pour atteindre ce but.
PILS rappelle que l’éducation sexuelle, si elle est bien faite, est efficace pour :
- Apprendre à respecter l'autre sexe et ses différences ;
- Concevoir la sexualité dans un rapport amoureux ;
- Retarder l’âge de la première expérience sexuelle ;
- Aider à bien choisir sa/son partenaire ;
- Réduire le nombre de partenaires sexuels ;
- Permettre une meilleure utilisation des préservatifs ;
- Réduire le nombre de grossesses non-désirées chez les adolescentes ;
- Réduire le risque d’infection au VIH et aux autres IST chez les jeunes ;
- Promouvoir l’accès au conseil et au test de dépistage volontaire aux IST ;
- Réduire la vulnérabilité et les comportements à risque tels que la consommation de drogues
Fournir des informations complètes sur tous les moyens de protection et sur les possibilités de conseil, de test et d’accès aux soins est essentiel pour doter les enfants et les jeunes des outils dont ils ont besoin pour se protéger eux-mêmes et pour respecter ceux qui vivent avec le VIH.
Grâce à l’éducation VIH et Sida intégrée au programme d'éducation sexuelle, nous pouvons faire évoluer la question de la parité entre hommes et femmes, lutter contre la stigmatisation et la discrimination, contribuer au changement des valeurs et des comportements qui permettent de mieux se protéger du VIH, enfin, mieux gérer les effets de la pandémie sur les individus et les communautés.
Le Ministre de l'éducation, annonce l’introduction de l’éducation sexuelle dans les écoles à partir de 2011 (source : lexpress.mu du 10 mars 2010)
Lors du lancement d’un livret sur les droits de l’enfant, au collège SSS Bell Village, en ce 9 mars, le ministre de l’Education, Vasant Bunwaree a annoncé que dès l’an prochain, l’éducation sexuelle fera partie du cursus scolaire.
Les discussions sont bien avancées en ce qui concerne l’introduction de l’éducations sexuelle dans le programme scolaire. Toutefois, le ministre de l’Education dit qu’il faudra attendre 2011 avant de concrétiser projet. Il lui faut du temps pour expliquer aux parents et aux élèves la nécessité d’assurer une éducation sexuelle à ces derniers.
«Je crois qu’il faut permettre aux enfants, , d’avoir des connaissances de façon structurée sur cet aspect de leur propre anatomie. Mais, hors des livres», déclare Vasant Bunwaree. Hors des livres parce que, selon lui, ceux qui n’apprennent pas la biologie n’ont pas accès à ce savoir.
«Donc, il faut expliquer à tous les élèves la sexualité comme elle se déroule dans la vie en général. C’est quelque chose qui est déjà appliqué dans les périodes d’activités, mais un peu ça et là, au hasard… Pas de façon structurée», affirme le ministre de l’Education.
«C’est ce que nous allons faire – nous allons structurer l’enseignement de l’éducation sexuelle, pour qu’elle fasse partie du programme scolaire. Bien sûr, ce même sujet sera expliqué aux élèves différemment selon l’âge. Nous n’inculquerons pas la même chose à un enfant de 11 ans et à un jeune de 18 ans», poursuit-il.
Le ministre a expliqué qu’il préfère prendre le temps nécessaire et réussir la mise en œuvre du projet. «C’est quelque chose qui est un peu particulier. Il faut d’abord faire comprendre aux parents et aux élèves la finalité de ce nouveau sujet avant de l’intégrer au programme scolaire», conclut-il.
Guffran Rostom " L'éducation sexuelle ne se limite pas qu'au préservatif " (source : le mauricien du 1er mars 2010)
Versé dans le volontariat et le travail communautaire, Guffran Rostom a fait jusqu'ici un parcours exemplaire. En 2007, il a lancé Keep It Safe Society (KISS), une association basée à l'Université de Maurice avec pour objectif de sensibiliser la jeunesse mauricienne au VIH / Sida et de promouvoir un comportement sexuel sain et responsable parmi les étudiants. Aujourd'hui KISS a une reconnaissance nationale. Portrait d'un engagement…
Quand on l'écoute, on ne dirait pas qu'il a 23 ans. Guffran Rostom parle avec recul et sagesse. Une certaine maturité acquise au cours de ses différentes expériences. Il a toujours eu un penchant pour le social. Ses sept années au collège Saint-Joseph lui insuffleront la volonté de se surpasser et d'être un leader. Une réflexion du recteur Serge Ng Tat Chung le jour de la proclamation des lauréats et des résultats de HSC l'aura marqué à vie : " Le Saint-Joseph ne produit peut-être pas des lauréats, mais il forme des hommes. "
Après le secondaire, Guffran Rostom intègre l'Université de Maurice (UoM) pour des études en BSc Sociology. " Il n'y avait pas grand-chose à faire… Nous avions un grand gymnase pour le sport... À part la cafétéria, rien de spécial comme activités. " Il aura héritée de sa famille et de son éducation secondaire le sens de l'initiative. Ce qui fait il ne pouvait rester inactif. D'où l'idée de lancer KISS, un club basé à l'Université de Maurice exclusivement destiné à ses étudiants.
VIH / SIDA
Son intérêt pour le VIH / SIDA lui est venu à sa première année d'études : " PILS avait organisé une campagne nationale de sensibilisation et celle-ci m'avait touché ", raconte Guffran Rostom. En parcourant la presse locale, il prend connaissance de statistiques d'une étude qui démontraient que très peu de jeunes sont informés de la manière dont on contracte attrape le VIH / SIDA. " Entre 60 et 63 % pensaient que cette maladie s'attrapaient par les moustiques… " dit-il. Cette étude a agi comme un détonateur pour la mise en place de KISS sur le campus de Réduit.
Guffran Rostom est confié un " assignment " : " Les femmes et le VIH / Sida à Maurice ". Le jeune homme se rend chez PILS, où il rencontre ses responsables. Il a l'occasion d'assister à des débats avec deux amies et fait la connaissance de Nicolas Ritter. " J'ai discuté avec lui (Nicolas Ritter) de mon projet de lancer un club à l'UoM... Au départ, il s'est montré un peu sceptique. Il m'a néanmoins prodigué beaucoup de conseils ", raconte notre interlocuteur. Il franchit un autre palier. Il fait un stage de formation au sein de PILS, initialement d'une durée d'un mois et demi et qu'il prolongera à trois mois.
Le jeune homme en est à sa deuxième année d'études lorsqu'il réunit une dizaine d'étudiants et met en place un comité dans le cadre d'une formation de base sur le VIH / SIDA. Le nom Keep It Safe Society est donné au mouvement. En novembre 2007, ces étudiants organisent un premier concert à l'UoM. Objectif : sensibiliser les jeunes au VIH / SIDA. Ce concert a d'ailleurs reçu une couverture médiatique qui a dépassé leurs attentes. Deux concerts de sensibilisation ont suivi. Toutefois, reconnaît Guffran Rostom, il n'a toujours pas été évident de réunir les membres, de perpétuer l'action du mouvement et la relève de l'association n'était pas assurée après la fin du cycle tertiaire.
Action nationale
Nous sommes fin 2009... Guffran, qui n'a toujours pas renoncé à son idée, réunit quelques anciens membres de KISS en vue de créer une ONG avec un champ d'action nationale, avec en priorité toujours le VIH / Sida mais portant cette fois sur l'éducation sexuelle à l'école au vu du nombre de grossesses indésirées et la hausse des Maladies sexuellement transmissibles (MST). " L'éducation sexuelle ne se limite pas qu'au préservatif… Il faut connaître son corps, apprendre aux jeunes comment dire non à des chantages, par exemple, dans certains couples ", souligne-t-il.
S'appuyant sur un document de l'UNESCO sur la sexualité chez les jeunes, l'ONG commence à travailler sur la rédaction d'un plaidoyer pour l'introduction de l'éducation sexuelle dans les écoles. Un dossier compilé en partenariat avec PILS et les écoles ANFEN (Adolescent Non Formal Education Network) afin de dispenser des cours d'éducation sexuelle dans celles-ci. Ce projet, explique Guffran Rostom, a plusieurs visées : aider les adolescents à développer la confiance et l'estime de soi, notamment en respectant les autres ; aider les adolescents à devenir plus responsables en matière de santé sexuelle ; réduire les infections au VIH / SIDA et aux infections MST en proposant un programme de prévention adapté ; prévenir les grossesses indésirées, la prostitution et la toxicomanie auprès des adolescents participant au programme. Tout ceci en tenant compte des spécificités de chaque adolescent : l'âge, le sexe, ses capacités, son niveau d'études, certains étant des analphabètes et sa situation familiale.
Le plaidoyer sera en outre présenté à toutes les acteurs de l'éducation nationale (décideurs politiques, chefs religieux, communautés, enseignants, les associations de parents d'élèves, groupes de jeunes et aux parents eux-mêmes) pour soutenir l'importance de l'introduction de l'éducation sexuelle à l'école.
Projets
KISS mènera bientôt une étude auprès de la population mauricienne sur l'introduction de l'éducation sexuelle dans les écoles. " Cette étude sera axée principalement sur ce que les gens comprennent par éducation sexuelle et sa place dans nos écoles. À la lumière des données de cette étude, nous lancerons une campagne nationale pour souligner la nécessité de ce projet ", explique Guffran Rostom. KISS compte aussi créer un " Cyber KISS " à l'image du " Cyber Crips : le cyber espace santé des jeunes ". Le Cyber KISS entend ainsi fournir aux jeunes un espace libre, où ils auront accès à l'information, à des conseils et à un encadrement nécessaire pour mieux gérer leur problèmes. KISS en tant que club à l'Université de Maurice sera par ailleurs relancé prochainement. Quelques étudiants de l'UoM se sont rencontrés afin de décider d'une nouvelle direction pour le mouvement sur le campus. À cet effet, plusieurs activités sont en cours.
Des ONG font un plaidoyer pour mieux combattre la toxicomanie (source : lexpress.mu du 19 Février 2010)
Le Collectif Urgence Toxida (CUT), en collaboration avec l’association PILS et le Centre Idrice Goomany, plaide en faveur d’une amélioration de la lutte contre la toxicomanie et le VIH/sida, ainsi que le programme de réduction des risques (RdR). C’était le 18 février, à l’hôtel Sheraton, à Ebène.
Parlementaires, organisations non-gouvernementales (ONG), fonctionnaires, représentants du secteur privé, médecins et toxicomanes en traitement, entre autres, étaient présents à cette rencontre pour prendre connaissance des recommandations de CUT. Celles-ci sont basées sur les propositions recueillies lors de la première conférence sur l’abus d’opiacés et la réduction des risques (RdR) en octobre dernier.
Une de ces recommandations est la décriminalisation du Subutex afin que les centres de désintoxication et de réhabilitation puissent l’utiliser dans le traitement médical des usagers de drogue par voie intraveineuse (UDVI).
D’autres suggestions : la formation du personnel médical pour combattre la stigmatisation et la discrimination dont sont victimes les usagers de drogue par voie intraveineuse (UDVI) et les personnes vivant avec le VIH/Sida (PVVIH).
CUT réclame aussi une campagne de promotion autour de la RdR auprès de la population, y compris la police (particulièrement l’Anti-Drug Smuggling Unit -ADSU), pour une meilleure compréhension de cette stratégie.
Le texte rendu public recommande aussi l’adoption d’une approche plus holistique concernant les services offerts aux UDVI, notamment le traitement de l’hépatite C (vu que 95% des UDVI en sont affectés).
Ce document demande un meilleur suivi psycho-social des personnes bénéficiant de la thérapie de substitution par la méthadone.
La production sur mesure de programmes pour les femmes, ainsi que les jeunes UDVI, est une autre demande de CUT. Cette ONG veut aussi la réhabilitation des groupes vulnérables (UDVI, des PVVIH, les travailleurs du sexe, les bénéficiaires du traitement de substitution par la méthadone).
CUT et ses partenaires souhaitent que le programme d’échange de seringues et celui de la thérapie de substitution par la méthadone, soient mieux développés.
De plus, ces ONG recommandent que les services de RdR soient disponibles en prison et que des ressources humaines supplémentaires soient recrutées pour travailler avec les détenus.
Humour et Sida (source le mauricien du 27 Janvier 2010)
Le Mother Fucker de Florence Foresti pour la campagne de Rogers
L'humoriste française Florence Foresti est arrivée à Maurice. " Jouer est, pour moi, comme respirer… " Ces mots, elle les a prononcés hier, lors d'une conférence de presse au siège du groupe Rogers, à Port-Louis. Car le spectacle qu'elle présente, ce samedi 30 au Swami Vivekananda Centre de Pailles, Mother Fucker, s'inscrit dans le cadre du lancement de la campagne contre le Sida de Rogers. L'humoriste à la verve croustillante s'est dite…
À priori, Mother Fucker, suivant une lecture rapide, convierait une impression sinon vulgaire, du moins, négative auprès de tout un chacun. Mais dans les mots de Florence Foresti, les doutes et les insinuations s'estompent… Ce spectacle, la deuxième de cette humoriste française, mais la toute première qu'elle présente aux Mauriciens, " s'inspire de ma propre expérience de maternité ; que j'ai vécue l'an dernier, avec l'arrivée d'une petite fille ", explique-t-elle, le regard pétillant, le ton traduisant sa joie d'être mère.
Ceci dit, explique-t-elle, " les mots mother et fucker sont en totale opposition. Or, j'ai pensé que ce serait bien de les juxtaposer car cela convient justement à l'esprit de mon deuxième spectacle. " Mother Fucker, qu'elle présentera aux Mauriciens ce samedi 30 janvier, " se décline tel un grand monologue d'une heure et demie. Pas une compilation de sketches qui s'enchaînent ". Durant ces 90 minutes non-stop, Florence Foresti compte projeter une image d'elle, de la mère qu'elle est ; " d'une femme qui aime toujours faire la fête et qui se donne totalement à son bébé ; qui veut être mère et femme à la fois. Et ce, malgré les énormes pressions qu'elle doit subir… "
Car loin d'elle l'idée de se cantonner aux clichés véhiculés sur les femmes. " Je veux rester moi-même, jusqu'au bout. Et m'émanciper à partir de cette condition ", souligne-t-elle. Assumant son rôle d'artiste, de femme moderne et de mère ; les conjuguer pour vivre pleinement sa vie. Et c'est dans ce souci, d'ailleurs, qu'elle se joint à la campagne de sensibilisation de Rogers qui démarre le 31 janvier (voir plus loin). " En tant que mère, je suis consciente des dangers auxquels aura à faire face mon enfant… Dieu merci, elle n'est encore qu'un bébé ! Mais elle va grandir et j'aurais souhaité que le Sida n'existe plus alors ; mais je sais que ce ne sera pas le cas, hélas ! "
Revenant à Mother Fucker, Florence Foresti indique que " ce spectacle, contrairement à mon premier, a été écrit en peu de temps. " L'essentiel s'axe, poursuit-elle, autour d'un dialogue " entre une mère et son enfant ; la relation, le lien qui se construit entre ces deux êtres ; une expérience que je vis, moi-même. " Et bien entendu, " les thèmes qui me sont toujours à cœur, tels les relations hommes/femmes ; les couples, devenir adultes… seront aussi présents dans ce spectacle. "
Des places pour cet unique spectacle de Florence Foresti à Maurice, ce samedi 30 à 20h, sont toujours disponibles dans le Rézo Ôtayô.
Humour pour servir le sida
Il s'agit de la première campagne médiatique nationale, en deux ans, que lance le groupe Rogers, via son CSR, qui s'est donné pour mission la prévention du Sida, avec un souci particulier à l'égard des jeunes. Audrey d'Hotman, directrice du CSR de Rogers, indique que cette campagne, qui démarre le 31 janvier, s'axe autour de quatre images clés qui seront affichées sur des billboards sur les six prochains mois. " Si le groupe Rogers a fait coïncider la campagne de prévention du groupe avec le spectacle de Florence Foresti, c'est de par le lien qu'il y a entre notre souhait de mettre l'accent sur le dialogue entre les parents et leurs enfants. " Audrey d'Hotman poursuit : " les études menées jusqu'ici ont prouvé que les parents représentent une influence énorme sur leurs enfants ; donc, nos jeunes. C'est pour cela qu'on a axé cette campagne dans cette direction. " Et comme Mother Fucker va dans le même sens… " La cause du Sida me tient très à cœur, a déclaré, pour sa part, Florence Foresti. Je n'en finis pas d'être touchée par ce virus. Et quand on m'a proposé de me joindre à la campagne mauricienne, j'ai accepté. Je veux apprendre et comprendre comment se déroule cette lutte, ici. " De plus, a souligné l'humoriste, " j'ai un certain franc-parler, une parole décomplexée, qui, je crois, convient à l'esprit de cette actuelle campagne. "
Audrey d'Hotman a, par ailleurs, ajouté, sur ce point, que " notre propos, est d'amener tout le monde à prendre conscience qu'il ne s'agit que d'un virus ; mais qui peut faire beaucoup de tort si l'on n'a pas la franchise et l'honnêteté d'en parler avec les siens. Ceci pour les protéger et les armer. "
ENTRETIEN : NICOLAS RITTER (source week-end scope du 02 Déc 2009)
"Mon métier c'est de sauver des vies"
Parcours exceptionnel d'un homme comme les autres qui dans les années 90 découvre sa séropositivité à l'hôpital de Candos. Cette annonce apportera une autre orientation à sa vie. Et il comprendra qu'être séropositif n'empêche pas de militer pour plus de justice envers les personnes touchées par le VIH. Voilà quinze années que Nicolas Ritter se bat, pas seulement pour lui, mais pour les autres, contre ce virus, contre l'ignorance et les injustices.
Comment viviez-vous avant de découvrir votre séropositivité ?
Je vivais de façon relativement insouciante, comme beaucoup de jeunes de mon âge à l'époque. J'avais vingt-cinq ans. J'étais steward sur Air Mauritius et menais une vie assez mouvementée entre Maurice et des destinations à l'étranger. Un peu décalée aussi, puisque quand on est steward on a des horaires un peu différents. J'adorais de pouvoir sortir de temps en temps de cette petite prison dorée qu'est Maurice.
Maurice prison dorée ?
C'est un beau pays, on a une bonne qualité de vie, mais en même temps c'est une île avec ses limites. Mon travail de steward me permettait de vivre ma passion pour les voyages, la découverte des autres et des autres cultures. Ceci allié à Maurice, parce que c'est mon pays et que je l'aime.
Quelle fut la plus belle découverte lors de vos voyages ?
La plus belle découverte n'est pas celle des pays mais la découverte des gens. Pas forcément des étrangers mais étonnamment des Mauriciens. C'est à travers Air Mauritius que j'ai appris le mauricianisme. À Maurice c'est chacun dans sa bulle. Bien que moi je n'aie pas de critères ethniques par rapport à mes amis. Ceci étant, mes amitiés étaient liées aussi, quand j'étais jeune, à ceux que je pouvais rencontrer quand j'étais à l'école. J'étais au Lycée La Bourdonnais.
J'ai vraiment côtoyé tout l'arc-en-ciel mauricien en tant que steward. On avait des moments où l'on pouvait apprendre à se connaître, pas seulement sur un vol mais quand on allait en rotation à l'étranger : on passait des jours dans des pays où tout l'équipage faisait bloc : on sortait tout le temps ensemble. On allait au resto ensemble, au ciné ensemble, au musée ensemble… ça tisse des liens et j'ai encore aujourd'hui de très bons amis issus de cette époque-là.
Pourquoi êtes-vous allé voir le docteur Pyndhia à l'hôpital de Candos en 1994 ?
Parce que comme quasiment tous les jeunes de mon âge, j'avais une vie sexuelle. En tant que steward, j'étais très sensibilisé aux campagnes internationales qui existaient sur le VIH. Et puis parce que j'étais tombé amoureux ! Par conséquent, étant bien informé des risques d'une relation non protégée dans le cadre d'un couple, j'ai trouvé tout à fait normal et logique de faire un dépistage pour savoir où j'en étais. C'est comme ça que j'ai découvert ma séropositivité. C'était par souci de responsabilité envers moi-même et envers la personne avec qui j'étais à l'époque.
Comment avez-vous reçu la nouvelle de votre séropositivité ?
Ça a été une douche froide. Comme pour n'importe quelle personne ça reste toujours un choc - même si maintenant il y a une prise en charge très correcte. Mais en 1994, les traitements n'existaient pas comme il en existe aujourd'hui. Ça a donc été un choc psychologique. Mais à un moment donné on doit penser à comment agencer sa vie par rapport à cette nouvelle.
Qu'est-ce qui a traversé votre esprit à ce moment précis ?
Qu'est-ce que je vais faire maintenant ? Comment gérer ça avec mes amis et avec mes parents. Et comment je vais gérer ça médicalement ? À Maurice il n'existait pas de traitement. Je savais qu'une prise en charge se mettait en place en Europe ; ma mère étant Française j'avais la possibilité de trouver des soins à l'étranger. C'est d'ailleurs ce que le docteur Pyndhia m'a tout de suite recommandé. J'ai rapidement réalisé que je ne pouvais pas être serein en gardant ça pour moi.
Comment ont réagi vos proches ?
Les premières personnes à qui j'en ai parlé furent mes amis proches. Ils ont tous relativement bien réagi quoique ce fut un choc pour eux. Mais pas de phénomène de rejet, ni de crise de larmes. C'étaient au contraire des moments de solidarité et de rapprochement. Le soir même, j'avais trois amis chez moi à qui j'ai partagé la nouvelle. Ce fut plus difficile pour moi d'en parler à mes parents. On ne veut pas faire de mal à ses parents, on ne veut pas les inquiéter. Mais je n'avais pas d'autre choix que de leur en parler. D'autant plus que j'avais besoin de leur aide dans la démarche de partir à l'étranger.
Ils ont réagi comme réagissent des parents : avec beaucoup d'amour et de compréhension. Bien sûr, des questions relatives à ma santé. Mais j'ai entendu ce que vraiment je voulais entendre de mes parents : Nicolas, ne t'en fais pas, on est là, tu n'es pas seul. C'est tout ce que j'avais besoin d'entendre… Quelles que soient les moments difficiles, quand on se retourne vers ceux qu'on aime le plus, c'est ça qu'on a envie d'entendre.
Avez-vous cherché à savoir comment vous vous êtes contaminé ?
Bien sûr. J'ai contacté des personnes avec qui j'étais. Toutes ont fait leur test et étaient négatives. Je n'ai jamais su à quel moment… même si je me suis dit : c'est peut-être avec telle ou telle personne. Mais le seul intérêt de savoir qui est cette personne… c'est seulement pour pouvoir l'avertir. Pas pour lui faire porter la responsabilité. Quand le préservatif n'est pas utilisé dans un rapport sexuel, ce sont deux personnes qui en sont conscientes. Je ne peux m'en prendre qu'à moi. Je ne me suis pas protégé ; c'est de ma faute, pas de celle de l'autre.
Pourquoi mettez-vous PILS sur pied ?
L'idée de créer PILS germe en 1995. Juste au moment où je pars pour La Réunion pour un traitement antiretroviral - mon médecin préférait que je sois près d'elle pour un meilleur suivi -, je partais pour repousser un peu l'échéance, quoique je partais à La Réunion pour quelque part y mourir. L'infection à VIH, comme d'autres pathologies lourdes, déclenche souvent ce type de prise de conscience: On est tous mortels… On a tendance à l'oublier.
Quelques jours avant de partir, je me suis dit que cette situation a quelque chose de pas normal. Je me suis dit que je risque éventuellement de mourir loin de mes amis et de mes parents, dans un pays qui n'est pas le mien. J'ai trouvé ça absolument pas normal. Je me suis aussi dit que j'ai la chance d'avoir une mère française. Ce qui me permet de séjourner à La Réunion et d'avoir des soins. Mais quid de mon meilleur ami ? Si lui était séropositif à Maurice?
Faut-il avoir un passeport français ou être millionnaire pour bénéficier de soins ? Ça me semblait totalement injuste. Aussi, lors d'une de mes consultations médicales, j'avais rencontré des personnes qui vivaient avec le VIH et qui se battaient au sein d'une association qui s'appelle RIVE. Je me suis dit : on peut militer pour faire bouger les choses. Si on me donne la possibilité, j'aimerais bien monter quelque chose à Maurice pour plus d'informations et pour un accompagnement aux personnes vivant avec le VIH . Un an et demi après, je lançais l'association à Maurice.
Quinze années à présent que vous vivez avec le VIH. Quelle est votre conception de la vie ?
Dans des moments de découragement, je me dis que tout ça est du bonus. J'aurais pu ne pas être là aujourd'hui. Le VIH a changé ma vie. Pas seulement parce que je prends des comprimés tous les jours et que je dois mettre des préservatifs ; ça a changé mon regard sur la vie et sur ma relation aux autres. Ça rend la vie plus précieuse, et je sais pourquoi je me réveille le matin.
Pourquoi vous réveillez-vous le matin, Nicolas Ritter ?
Je ne me réveille pas pour un métier dirigé vers le capitalisme. Mon métier c'est de sauver des vies. C'est de mettre en place des actions de prévention, de communication et de soutien. Des actions qui permettent le mieux-vivre et qui permettent de se protéger et de s'informer. On agit directement sur la société et sur les politiques. L'engagement à ce titre-là est fantastique.
Avez-vous conscience d'être une grande gueule ?
Si on veut…. Mais je ne sais pas si on peut appeler ça "grande gueule" : je dis ce que je pense. Il y a aussi ce sentiment d'urgence - surtout dans le passé - quand on sait qu'on risque de mourir plus tôt que les autres et qu'on a un message à faire passer : on ouvre sa gueule et on dit des choses. On n'a pas de temps à perdre en hypocrisie ou en faux-semblant. Ce sentiment d'urgence est présent chez beaucoup d'activistes dans la lutte contre le SIDA et dans d'autres pathologies. Je me souviens d'un slogan d'Act Up qui disait : Quitte à crever, autant crever la gueule ouverte.
Vos prises de position ont fait avancer les choses au niveau des autorités…
… les miennes mais aussi celles de Dhiren Moher. Un activiste remarquable, qui n'a pas sa langue dans sa poche non plus. Mais aussi d'autres activistes qui exprimaient leurs convictions haut et fort. J'ai autour de moi une équipe qui entreprend un travail extraordinaire.
Que seriez-vous si vous ne militiez pas pour les personnes vivant avec le VIH ?
Je pense que tôt ou tard je me serais engagé de toutes les façons. C'est sûr que ma séropositivité m'a ouvert les yeux sur cette pathologie, ses conséquences et tous les enjeux périphériques. Outre le VIH, vient aussi la question de la toxicomanie, des droits humains, des prisons, de la prostitution, de l'homosexualité, l'éducation des jeunes, l'éducation des femmes …
Mais si j'avais continué à être steward sur Air Mauritius ou, dans la vie active, avec un autre boulot… je pense que la fibre militante qui est en moi ce serait tôt ou tard réveillée. Sur la question du VIH ou sur la question de l'environnement. J'aurais peut-être rejoint un mouvement pour militer pour moins de pollution et plus de respect de l'environnement. Des choses par rapport à une prise de conscience qui existe aujourd'hui…
… Est-ce une manière de vous sentir exister que de militer ?
C'est ma manière à moi d'exister. Mais je pense que vivre n'implique pas être centré que sur soi. Parce qu'on fait partie d'une société, d'un pays, d'une planète. Et parce que nous avons des enjeux autour de nous… Voter est une forme de militantisme. Certaines personnes ne votent pas, refusent d'écouter quoi que ce soit en rapport avec la politique : ils éteignent systématiquement la radio dès qu'il y a un débat ; leur seul centre d'intérêt est le feuilleton de 18h30. C'est peut-être ça vivre et exister pour eux, mais ce n'est pas ma conception de la vie.
Ma conception à moi, c'est le partage. Partager le bien comme le mauvais. Quand une situation n'est pas correcte, on a envie d'agir pour l'améliorer. C'est ça la vie pour moi : que ce soit dans un couple, dans une communauté ou que ce soit pour un pays. Il y a plein de gens qui s'engagent, mais pas de façon aussi visible que la mienne. Mon combat a une portée médiatique importante. C'est nécessaire parce qu'on est en présence d'une maladie qui est liée au silence. Un silence qu'il fallait briser.
À 41 ans, quel bilan dressez-vous de votre vie ?
Je n'ai pas vu le temps passer. Ces quinze dernières années se sont passées plus vite que les quinze premières. Quand on est dans une urgence de vie et qu'on a une épée de Damoclès au-dessus de la tête… on devient presque boulimique des choses. Mais si demain je devais disparaître dans disons un accident de voiture - puisque ce n'est pas du SIDA que je mourrai, aujourd'hui c'est bien contrôlé -, je partirais avec ce sentiment d'avoir accompli ou d'avoir entamé quelque chose d'intéressant pour les autres et pour mon pays.
Mais j'aurais un goût amer dans la bouche, puisque tellement de choses restent à faire ; tellement de personnes vivent des injustices malgré tous les efforts pour que l'infection à VIH soit considérée comme une pathologie comme les autres. C'est toujours une pathologie qui effraie. J'entends encore des histoires qui me mettent dans des colères noires. En l'occurrence, des personnes qui se suicident parce qu'elles croient être séropositives sans même avoir fait un test…
… alors qu'aujourd'hui on ne meurt plus du SIDA.
C'est aujourd'hui une pathologie qui peut être vécue tout à fait bien… si on suit un traitement. L'espérance de vie d'une personne qui apprendrait sa séropositivité et qui serait bien suivie est scientifiquement de dix ans de moins qu'une personne non-contaminée. Cela compte tenu des avancées de la médecine d'aujourd'hui ; mais dans dix ou quinze ans ce sera encore mieux. Bien entendu cela sous entend que l'on fasse son test […]. Tous les médecins vous diront que les personnes qui sont bien entourées, dont l'entourage est au courant de leur séropositivité, ont une espérance de vie bien supérieure à celles qui se cachent ou sont dans le déni.
Mon militantisme est aussi pour que demain une personne qui contracte le VIH puisse l'annoncer sans drame et puisse continuer à avoir une vie professionnelle, sexuelle et amoureuse. Les gens ne savent pas qu'on peut vivre normalement avec le VIH. Ils ont toujours une vision que SIDA égale mort à court terme. Ce qui n'est pas vrai. C'est vrai si l'on ne fait pas de test, ou si l'on ne prend pas de traitement. Ce qui est aussi valable pour le diabète !
La première des choses est de connaître son statut sérologique. C'est faire un test surtout quand on est en couple. On ne peut plus transiger là-dessus. D'ailleurs, avec l'aide de certains députés qui sont dans la majorité comme dans l'opposition… on espère que l'État mauricien introduira un amendement législatif qui impliquera que chaque couple désireux de se marier passe une visite médicale pré-maritale. Le médecin lui proposera alors obligatoirement une série de tests relatifs aux maladies sexuellement transmissibles. Le couple sera certes en droit de les refuser… mais ne pourra plus dire par la suite "ayo pa ti kone".
C’est une terrasse conviviale, aménagée avec des kiosques, qui sera installée sur du gazon synthétique, sur le toit du bureau de l’association Prévention Information Lutte contre le Sida (source lexpress.mu du 13 Déc 2009)
PILS l’a inauguré le 11 décembre 2009, en présence de ses collaborateurs du privé, du public et d’autres organisations non gouvernementales, partenaires dans la lutte contre le VIH/sida, telles que Vivre +.
Nicolas Ritter, directeur de PILS, en explique l’objectif. «En deux ans, nous sommes passés de 230 à 550 bénéficiaires enregistrés à l’association, et chaque mois, nous accueillons de nouveaux patients. Afin de pouvoir mieux les accueillir et les recevoir, nous avons imaginé et réalisé, grâce au soutien du programme DCP de l’UE, cette terrasse…», déclare celui-ci.
« Cette terrasse va leur permettre de socialiser, de participer à des formations et à des groupes de discussions. C’est également sur cette terrasse que nous allons lancer un programme de renforcement de capacité pour les plus vulnérables d’entre eux ou plutôt d’entre elles, car ce projet est soutenu par le ministère de la Femme», rappelle-il.
En effet, ce ministère vise également à donner à ces femmes dans une situation de grande précarité, pour la plupart des travailleuses du sexe, des formations dans le domaine de l’artisanat. Un moyen de les «empower».
Par la même occasion, PILS en dit plus sur la caravane qu’elle a lancée depuis six mois. Ce projet est soutenu par le Decentralised Corporation Programme (DCP), Sidaction, la société Total, et bientôt par Fights Aids Monaco. Cette caravane circule le soir sur les sites d’échanges de seringues, en complément aux opérations de prévention et de soins, dispensées par le Collectif Urgence Toxida (CUT).
Dans cette unité mobile de PILS, il y a un travailleur social, qui connaît bien le secteur, et un infirmier, qui peut effectuer des tests de dépistage de grossesse et apporter des soins sur place aux personnes qui viennent à la caravane. Ces soins sont ceux ne nécessitant pas une hospitalisation, notamment, plaies, abcès et infections bénignes. De surcroît, à travers cette caravane, PILS recueille des informations dans le cadre d’une étude sur les travailleurs du sexe, qui révèle déjà que 10% d’entre eux sont des hommes travestis. L’association veut mieux comprendre la prostitution de rue et mener des plaidoyers, référer les travailleurs du sexe séropositifs aux centres de soins et autres structures appropriées. Au cours de cette étude, l’ONG se rend compte que plusieurs travailleuses du sexe, qui sont au courant de leur séropositivité, ont arrêté leurs traitements…
Bref, autant que la prévention et les soins, la demande d’encadrement est très forte. Avec ces nouveaux projets, PILS entamera l’année 2010 avec confiance. Son directeur est d’avis qu’elle sera «charnière pour la réponse nationale dans la lutte contre le VIH/sida».
Quand les corps religieux s’unissent pour combattre le VIH/sida (source : lexpress.mu du 08 Déc 2009)
Le Conseil des Religions (CdR) a lancé un manuel d’enseignement sur le VIH/sida, à l’intention des chefs religieux mauriciens.
Ce manuel est intitulé «Combating HIV/AIDS, a training guide for religious leaders in Mauritius».
Le lancement a eu lieu, le 7 décembre, à l’hôtel St Georges, en présence de plus d’une dizaine de chefs religieux, du ministre de la Santé, Rajesh Jeetah, d’un représentant du Fonds des Nations Unies pour la Population (Océan Indien), Benoît Kalasa. Le directeur de Prévention Information Lutte contre le Sida (PILS), Nicolas Ritter, ainsi que d’autres partenaires y ont aussi assisté.
Tous les corps religieux, représentés au sein du CdR, ont accepté d’intégrer «Combating HIV/AIDS, a training guide for religious leaders in Mauritius» dans la formation de leurs chefs religieux.
Le CdR pense, via ce support, former plus de 1 500 responsables religieux aux réalités du virus. Ils apprendront à se servir de leurs positions privilégiées en tant que leaders respectés et écoutés dans leurs communautés respectives pour sensibiliser les fidèles à ce sujet et empêcher la stigmatisation des personnes séropositives.
Pour rappel, l’engagement du CdR dans ce domaine a commencé en 2006, suite à la demande, faite en 2005, de Kofi Annan, secrétaire de l’ONU, alors en visite à Maurice, pour que cet organisme élabore un plan d’action national pour combattre le VIH/sida. La première campagne du CdR, dans ce sens, a duré 18 mois, de septembre 2006 à février 2008. Celle-ci a contribué à briser le silence qui régnait autour de cette maladie au sein des communautés religieuses du pays. De février 2008 jusqu’à présent (fin 2009), le CdR a mis l’accent sur la formation– en matière de VIH/sida- des prêtres, ailes féminines et jeunes des organisations religieuses, certains responsables de l’industrie hôtelière et des instances rodriguaises.
«Cet engagement naît de la conviction que, devant l’injustice et la souffrance, nous avons le devoir de nous engager … []et d’agir] ensemble pour le changement», soutient le CdR.
Selon Homa Mungapen, coordinatrice pour cet organisme, «le défi des communautés religieuses est de se défaire du jugement, des blâmes et d’avoir le courage de protéger autrui».
Ces activités du CdR seront financées par le Global Fund durant les deux prochaines années. De plus, Benoît Kalasa affirme que cet organisme pourra également compter sur le soutien financier et technique des Nations Unies.
« Le CdR poursuivra son engagement dans la lutte contre le VIH/sida et continuera à être attentif aux défis pour contribuer à renverser la tendance de l’infection. Les plans d’action ont beaucoup rapproché les chefs religieux de tous bords, atout indispensable pour le dialogue interreligieux, une autre mission que le CdR tient à cœur», conclut Homa Mungapen, pour le CdR.
Les traitements antirétroviraux sont-ils disponibles dans le secteur public ? (source : lexpress.mu du 05 Déc 2009)
Selon Nicolas Ritter, directeur de Prévention Information Lutte contre le Sida (PILS), des personnes aisées vivant avec le VIH/sida (PVVIH) ne peuvent pas recevoir de traitements antirétroviraux (ARV) auprès des cliniques privées.
L’hôpital Apollo Bramwell et la Nouvelle Clinique du Bon Pasteur affirment le contraire.
«Pas de prise en charge possible []des séropositifs] actuellement dans le secteur privé», déplore PILS depuis un certain temps. Selon cette organisation non-gouvernementale (ONG), le Dr Bouloux Area Health Centre et l’hôpital Victoria sont les deux seuls centres de soins qui dispensent actuellement des traitements aux PVVIH à Maurice. Bientôt, un troisième s’y ajoutera. Celui-là sera installé à la rue Volcy Pougnet. Ces établissements appartiennent au gouvernement.
Les personnes vivant avec le VIH/sida (PVVIH), désirant aller en clinique privée pour recevoir des soins n’ont pas d’autre choix que de recourir aux services de l’Etat.
«Ces personnes, aisées, dont certaines sont connues et recherchent un maximum de discrétion, ne veulent pas se rendre à l’hôpital. A cause de cela, elles ne sont pas suivies comme il aurait fallu», soutient Nicolas Ritter.
Et d’ajouter, «il n’y a pas de personnel médical formé à la gestion des ARV dans le secteur privé». Il confie que PILS est en train d’effectuer «un plaidoyer très fort» auprès des cliniques afin qu’elles prennent conscience de la nécessité de fournir des soins à ce segment de PVVIH qui veulent et ont les moyens de se payer les services des centres de santé privés.
Le directeur de la Nouvelle clinique du Bon Pasteur, Dr François Tadebois, dément ce que soutient Nicolas Ritter. «Il n’a jamais été question qu’un VIH ne puisse pas se faire soigner dans notre clinique. Nous pouvons le traiter. Nous faisons déjà les tests de dépistage. Si un séropositif veut recevoir des soins à la clinique, c’est tout à fait possible. Le personnel médical connaît les mesures de précaution à prendre», soutient le Dr Tadebois.
«Ce n’est pas compliqué. Qu’un médecin soit généraliste ou spécialiste, il lui suffit de quelques lectures sur le traitement du virus pour savoir comment prendre en charge le patient séropositif», poursuit-il.
Le directeur de la clinique Bon Pasteur précise que, vu que le VIH/sida concerne qu’une minorité de personnes à Maurice, la majorité des médecins «n’ont pas un intérêt spécial pour ce domaine».
«Mais il existe bel et bien des médecins dans le secteur privé qui ont, parmi leur clientèle, des séropositifs. Ils n’en font pas publicité afin de protéger l’anonymat des personnes qu’ils traitent», conclut le Dr Tadebois.
Il concède néanmoins que le plus grand nombre d’experts en matière de VIH/sida travaillent dans le secteur public. Du côté de l’hôpital Apollo Bramwell, même son de cloche.
«Nous considérons que c’est le ministère de la Santé qui est le premier prestataire en ce qui concerne le traitement des séropositifs», déclare Javed Bolah, Communication Manager pour Apollo Bramwell.
«Puisque le VIH/sida est une menace publique et que le gouvernement subventionne grandement ces traitements. A la clinique, ça coute très cher, alors que dans les centres de santé de l’Etat, c’est gratuit. Mais bien sûr, les PVVIH qui viennent dans notre centre pour des soins ARV seront traitées», ajoute celui-ci.
Journée Mondiale de la Lutte contre le Sida (source : lexpress.mu du 1er décembre 2009)
La Journée mondiale de la lutte contre le Sida est une occasion importante de souligner la nécessité à l'accès universel et aux soins essentiels. Notre message est que l'accès à la prévention, au traitement, aux soins et au soutien est un droit humain fondamental. Ce thème constitue une bonne occasion de mettre en lumière le sort des plus stigmatisés et marginalisés au sein des communautés qui sont souvent négligées. Reliant l'accès universel aux droits de l'homme aide à faire le diagnostic du VIH et ) porter les questions relatives au traitement existants devant les dirigeants du monde.
Maurice a plus de 4000 cas connus de personnes vivant avec le VIH. L'ONUSIDA estime qu'il ya 15.000 personnes vivant avec le VIH à Maurice.
Le directeur de Prévention Information Lutte contre le Sida (PILS), Nicolas Ritter, est d’avis que les séropositifs devraient jouir de «plus de confidentialité», «plus d’humanité» et «d’un environnement de qualité» quand ils se rendent dans les centres de santé.
Selon lui, pour que Maurice devienne véritablement un modèle de lutte contre le VIH/sida, l’Etat devrait s’engager à, d’une part, introduire le ‘pre-marital counselling’ pour les couples qui comptent se marier. D’autre part, il affirme qu’il est temps «que les autorités enlèvent la loi discriminatoire, interdisant aux séropositifs étrangers désirant travailler à Maurice» de le faire.
«Cette mesure ne se justifie ni d’un point de vue économique, ni d’un point de vue médical», a-t-il lancé quand il a pris la parole lors d’une cérémonie au rez-de-chaussée du bâtiment Emmanuel Anquetil à la rue Pope Henessy. Là où le public pouvait de 9h à 16h, le 1er décembre, se faire dépisté et conseillé gratuitement par l’Aids Unit du ministère de la Santé et s’informer sur le VIH/sida en visitant les stands tenus par plusieurs organisations gouvernementales et non-gouvernementales. Par exemple, le National Day Care Centre for the Immonusuppressed (NDCCI), l’Action Familiale, PILS ou encore le Conseil des Religions.
Nicolas Ritter a quand même tenu à rendre un hommage au personnel soignant qui s’occupe des séropositifs dans les centres de santé, et à saluer les deux initiatives de l’Etat, soit le programme d’échange de seringues, ainsi que celui de la substitution par la méthadone.
L’application de ces programmes a d’ailleurs été rapidement rappelée, par le ministre de la Santé, Rajesh Jeetah. Celui-ci était aussi présent cet après-midi, au rez-de-chaussée à l’Emmanuel Anquetil Building. Auparavant, il avait, comme lors de ses interventions publiques, récité toutes ses anecdotes habituelles ou issues de secours, sur la consommation d’alcool et de tabac menant aux drogues dures. Insérant enfin, après tout ce bavardage, le VIH/sida, «qui est une maladie comme le diabète».
Le Dr Amita Pathack du National Aids Secretariat, rattaché au Bureau du Premier ministre, a, elle, était un peu plus précise quant aux motifs de sa satisfaction.
«Nous sommes au seuil de 2010, qui sera l’année où nous pourrons tout accélérer en termes de traitement du VIH/sida et lutte contre la toxicomanie. Nous recevrons, en janvier prochain, Rs 360 m du Global Fund. Nous aurons alors tous les moyens, la capacité et la volonté politique. Nous n’aurons pas de raison de ne pas gagner la bataille contre cette maladie», promet-elle.
Il est à noter que le secrétaire général, M. Ban Ki-moon, dans son discours à l’occasion de cette Journée mondiale, soutient que «les nouveaux cas d’infection augmentent plus vite que le nombre de personnes mises sous traitement et le sida reste l’une des principales causes de décès prématurés dans le monde».
Selon celui-ci, il faut «lutter contre toute forme de stigmatisation et de discrimination liée au VIH, il faut éliminer la violence contre les femmes et les filles et il faut garantir l’accès aux informations et aux services concernant le VIH».
http://www.yagg.com/2010/0 5/07/faut-il-traiter-pour- prevenir-la-transmission-d u-vih-un-chat-avec-francoi s-berdougo-le-blanc-et-hug ues-fischer/
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